Quel ennui si nous étions tous d'accord ! Une conversation permet de confronter des points de vue, d'entendre d'autres arguments que les siens. Ce n'est pas si facile de provoquer la discussion. Par contre, la tchatch n'est pas un échange. Je cherche évidemment la discussion, le contrepoint, le champ/contre-champ. Je ne crains pas la provocation, d'autant qu'elle n'est pas forcément volontaire. Mais je n'aime pas ceux "qui s'amusent sans arrière-pensée", comme disait Cocteau à qui j'ai emprunté le titre de mon précédent billet (c'est l'exergue D'une histoire féline). Ces deux petites phrases ont dessiné ma course il y a plus de trente ans. Tant mieux si le Lièvre n'a aucune chance. Je repense à celui de La Règle du Jeu pendant la partie de chasse. Comment veux-tu que je cite les "autres artistes" ? Ils sont légions romaines. Chaque bâton d'encens qui brûle sur mon blog est gravé à leurs initiales. Ils me parfument. C'est une forêt qui ne cache aucun arbre. Si mes phrases sont parfois énigmatiques ou qu'elles jouent de doubles sens, c'est qu'elles rendent hommage aux trouvailles de Bertolt Brecht. J'adore, par exemple, cet Allais que je ne connaissais pas, à cause des pochards. J'ai cité Buñuel parce qu'il est le cinéaste qui dépeint le mieux la bourgeoisie telle que je l'abhorre, Renoir parce qu'il montre que la différence de classes est incontournable, Cocteau pour sa définition de l'artiste.
Comme nous nous approchons de la fin de notre échange et qu'il commence seulement à trouver ses marques, je ne résiste pas au plaisir d'ajouter ci-dessus la bande-annonce du Journal d'une femme de chambre dont je citai le dialogue, suivie ci-dessous de la scène du Fantôme de la liberté dont j'ai utilisé hier un photogramme:


Et pour finir n'importe quel passage relatif à Cocteau, mais le choix de celui-ci, dû pourtant au hasard, n'a rien d'innocent !