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Je ne connaissais rien de l'Allais peintre et Wikipédia n'en dit mot. J'y apprends avec ravissement que cet autre touche-à-tout est né à Honfleur à quelques mètres d'Erik Satie, dans la même rue, et qu'il fit des recherches sur la photographie couleur et la synthèse du caoutchouc, et déposa un brevet pour du café lyophilisé... Je crois me souvenir que Honfleur rime chez toi avec bonheur !
Avec la célèbre causerie anti-alcoolique de Bourvil, je rends hommage à celui qui, dans Les crayons, glisse en a-parte "quand on est artiste, il faut savoir faire tous les genres !", autre manière de revendiquer la définition de Cocteau que je rappelai lors d'un précédent billet et que j'adopte sans préjuger de l'avenir, ayant la chance d'en tout ignorer.
Dans les années 50, même si les bidonvilles fleurissaient sur la couronne de Paris, il n'y avait pas de SDF dans les rues. Les rares clodos que l'on croisait avaient souvent choisi leur état. Ils avaient toujours des histoires incroyables, désespoirs d'amour ou banqueroutes, qu'ils avaient laissées derrière eux grâce à la divine bouteille. Peut-être ai-je été impressionné lorsque j'étais enfant, mais je supporte mal les ivrognes ni aucune représentation dont c'est le sujet. Je ne lis pas les romans qui en traitent et évitent soigneusement les potes qui s'y complaisent. La boxe me fait un effet comparable. L'abus d'alcool rend con et agressif, on le sait bien. Aussi, adolescent, j'ai préféré la marijuana qui rendait gai et faisait planer. Bon d'accord, l'ivresse légère est franchement sympathique dans ses effets désinhibiteurs. Mais pour nous, l'alcool était la drogue imbécile des adultes. Les nôtres ouvraient sur de nouveaux mondes de perception sensorielle, l'expérimental était la loi.
Mon ami Bernard Vitet, qui est plongé depuis des mois dans la lecture d'Alphonse Allais, me raconta qu'une des Clodettes, avec qui il jouait aux côtés de Claude François, ayant passé la nuit avec Jimi Hendrix, était revenue le lendemain matin, avec un T-Shirt où était imprimé "I've been experienced !".


Sur le film emblématique de Monterey, le guitariste chante en ne cessant jamais de mâcher son chewing-gum, et on sait qu'il joua tout le concert sous acide lysergique. Attention, la constitution chimique de son Purple Haze n'avait rien à voir avec les substances en vente aujourd'hui et celui qui avait mis le Fire aux poudres s'asphyxia dans son vomi quatre ans seulement après avoir enflammé le monde musical tous genres confondus avec sa Wild Thing. L'Electric Ladyland ne cesse pourtant de s'étendre, revendiqué par de plus en plus de courants, du rock aux divers contemporains en passant par tous les funks et jazzeux de la planète...
La guitare me fait revenir à ton dernier billet. Très belle chanson inspirée d'Isaac Hayes si j'ai bien compris, même si la vidéo de Pipilotti Rist m'emballe moins. J'avais vu le clip de circonstance de Pierrick Sorin sur le Super Wall de mon FaceBook en début de semaine. Communication tous azimuts oblige, j'occupe l'espace du Net, et avec mon MySpace, mon LinkedIn, mon blog, mon site, mes modules interactifs, mes lapins, etc. J'aime bien le côté Deschiens de Sorin, même si je m'en lasse vite. "Même si", même si, il faut toujours que je joue de cette dialectique du pauvre... Énième quadrature du cercle de ce dernier jour sur Tchatch, Même si tu revenais, le premier 30 cm que j'ai acheté avec mes sous était justement celui de Claude François à l'Olympia. Et puis, cela me fait trop plaisir de voir Sacha jouer la comédie. Ça lui va comme un gant, mieux, comme une paire de lunettes. Clin d'œil rétinien à ma compagne qui a failli se la décoller cette semaine, décidément ! En parfait obsessionnel, j'avais l'habitude de terminer les vhs sur lesquelles j'enregistrais des films à la télé avec des petits machins comme ceux-ci et, avec le temps, il n'y a que ces bouche-trous que j'ai envie de revoir. Avec quelques films tout de même, car ces formes courtes envahissent rapidement l'espace audiovisuel de nos nouveaux médias...


Pour conclure aujourd'hui cet échange comme je m'y étais engagé en l'entamant, je vous propose de vous détendre avec ces quelques stéréoscopies. Vous connaissez le principe, laissez-vous aller en focalisant au loin, les images cachées apparaissent lentement comme par enchantement. On pourra y déceler la métaphore graphique de l'ensemble de mes billets.
Enfin, je te remercie, chère Karine, de m'avoir accueilli pendant ces deux petites semaines et te souhaite une bonne continuation et de bonnes vacances si tu peux en prendre. L'appel du vide est un chant nécessaire pour préparer les pages blanches que nous pourrons noircir de notes et de silences comme si c'était le premier jour, sachant que nous devons agir comme si chacun était le dernier.