L'ennui n'est pas intrinsèque à la pratique de Secondlife, comme toujours, il n'est qu'un moteur/facteur de l'histoire culturelle.....

Elle se demandait s’il n’y aurait pas eu moyen, par d’autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme ; et elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu’elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu’ils étaient, sans doute, ceux qu’avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant ? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le coeur se dilate, où les sens s’épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l’estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelle découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments ; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières, le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c’était loin, tout cela ! Comme c’était loin !
Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur la longue tête fine, et lui disait : -Allons, baisez maîtresse, vous qui n’avez pas de chagrins.
Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s’attendrissait et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu’un d’affligé que l’on console.

Madame Bovary, Gustave Flaubert (1856-1857)

Et parce que cet ennui, n’est pas seulement lié au repos dominical, ni à la fête nationale, on ne saurait trop relire quelques pages de Moravia, tout en écoutant « l’homme à la tête de choux »



Et si le cœur y est, si l’attente se fait angoisse, voire désespoir, déception de l’autre ou de soi, mieux vaux s’enfermer dans une salle obscure pour revoir le film de Kahn

Parce que l’ennui n’est pas seulement qu’un thème littéraire, poétique (Baudelaire), philosophique (voir chez Heidegger) ; il est aussi objet de fantasme, et de ressort aux pièces d’Alex Bag, par exemple…,
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Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser. Journaux intimes, "Mon Coeur mis à nu", Charles Baudelaire (1821-1867)