Sur ce mont le plus élevé de tous que j'étais venue rechercher pour la solitude incomparable que j'y ai trouvée, voici comment je passais ma vie : tantôt je descendais dans le fond de ces vallées qui ceignent alentour, tantôt, de son point le plus haut, je restais à regarder la terre qui allait s'achever dans la mer, puis la mer qui s'étendait à sa suite, pour aller s'achever on ne sait où. Mais quand venait la nuit, en harmonie avec mes pensées, lorsque je voyais les oiseaux chercher leurs refuges, s'appelant les uns les autres, semblant vouloir apaiser la terre elle-même, alors, le coeur lourd de chagrins qui venaient redoubler ceux avec lesquels je m'étais éveillée, je m'en retournais vers mon pauvre logis, où Dieu seul est témoin de la façon dont je dormais la nuit.