Chère Anne,

13 jours entre mon dernier billet et le tien.
Chaque jour je retourne sur tchatchhh, cette interface commune que je partage pour un temps, et je fais l'expérience de l'attente.
Enfin, tu postes deux lignes d'un grand dénuement. Depuis l'Inde, sans accents.
J'étais prévenue. Tu es partie le 29 janvier et ce voyage allait interférer avec notre conversation.
Je mesure ma déception.
Cependant, ta réponse me donne l'occasion de répondre à Djamel Kokene.
J'ai eu, il y a peu de temps, une conversation avec Djamel au sujet de tchatchhh.
Djamel est artiste et un ami qui me livre sa pensée sans détours.
Cette conversation a débuté quand il a commencé à dire que tchatchhh n'était qu'un blog. J'insiste sur le caractère négatif. Or, si tchatchhh emprunte son dispositif au blog, il détourne son usage en recréant de l'expérience humaine et de la parole dans le contexte du web, c'est à dire avec le langage multimédia. Il part notamment d'une expérience de blogging classique que je pratique toujours mais que j'ai de plus en plus de mal à tenir par manque de désir certainement.
Le blog n'est que l'outil commun permettant l'hétérogénéité des sujets et des langages, mais il est nécessaire comme plateforme technique accessible et lisible. On peut dire que l'outil et sa pratique ont permis l'usage artistique que j'en fais aujourd'hui.
Je partage mon temps avec une personne; si éloignée soit elle, elle devient en réalité très proche car la conversation est présente au quotidien.
L'Inde est bien éloigné et heureusement que ça marche encore comme ça.
La déception fait partie de cette expérience.
Je ne pourrai cependant pas tenir indéfiniment ce monologue jusqu'au 28 février et d'ailleurs c'est toi qui dois avoir le dernier mot.