Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

vendredi 29 janvier 2010

reste la solution silence cocotte-minute

approximatif

entendu ces temps-ci un mot que je cherchais depuis des lustres sans savoir que je le cherchais. Douze lettres pour dire exact le flou dans les paroles les dîners les rues des villes les gens les idées partout autour, c'est le mot approximatif.
Je parle j'entends ce que j'ai dit et brusquement désespérée d'avoir été tellement approximative. J'entends - parfois je participe à - des conversations mais les mots malheureusement ne sont pas tout près des pensées, les clichés ont la peau dure les expressions sont toutes faites pour des jugements ultrarapides. On parle je parle sans rien ouvrir - au contraire : réflexes autistes on boucle on ferme. Les paroles s'évaporent quel dommage : dans une grande approximation.
Celui-là en colère raconte de loin une anecdote (sans se souvenir de tout) tenue de quelqu'un qu'il n'a vu qu'une fois et il passe sa journée à verser sa révolte à des autres qui à leur tour vont se répandre en mille exemples illustrant plus ou moins l'anecdote en question déformée plus et plus devenue : approximative.
Celle-là dit le Japon quelle horreur, ce pays doit être : impossible à vivre. Bien sûr jamais elle n'est allée au Japon rien vu rien su mais une amie d'une autre amie a rapporté il y a deux ans un sale moment avec des japonais au Japon. Un p'tit moment mauvais souvenir et vertigineusement de l'autre côté de la planète une tablée renchérit approximativement confirme que le Japon ceci-cela affaire conclue.
J'ai assisté participé à des approximations collectives trempé dedans oui répugnant mais pas une sainte je me répète (re-aïe). Quand même de moins en moins non mais dites donc. Car dans ma tête un petit radar éclairé me prévient désormais presque toujours. L'intervention à contre-courant demeure difficile et puis il faut hausser le ton. Reste la solution silence cocotte-minute.
Justesse et précision dans la pensée sont qualifiées de qualités très intellos et écoutez la meilleure c'est quasi une insulte. Zut et vive les intellectuels. Vive les fous d'étoiles connaisseurs de la rotation des planètes vive les juristes qui citent le code civil l'article exact exactement. Etc.
Et puis la littérature bien sûr. Ouf. La littérature qui n'est pas approximative. Cherchant au plus près à dire au plus juste recevant le monde redonnant le monde. La littérature grâce à qui enfin ça saute aux yeux tout ce qui en dehors est tellement approximatif.

bougé(e)
albane gellé

mercredi 27 janvier 2010

silence : image : oubli


coudre le silence
le fil de la parole
s’en va dans le vent et croit
qu’il va repriser des plis des lèvres
tout ce qui fait un visage
on ne corrige rien
on continue et le temps parfois
pose là ses dents pour
mâcher lentement nos ombres
on pense qu’une petite main
tout à coup organise nos sensations
alors qu’une image enfonce à présent
son écharde qui plus tard fera du pus
à moins que l’oubli ait pourri déjà
le souvenir ou que la vie à la fin
ait usé tous les chemins
ou bien peu à peu vidé la mixture interne


Bernard Noël		

lundi 25 janvier 2010

je n'ai rien à dire et je le dis

vendredi 22 janvier 2010

Patch 2

L'homme s'enveloppe.

Plight, Joseph Beuys, 1958-1985.
Installation, 43 éléments en feutre gris de 5 rouleaux chacun, piano à queue, tableau noir, thermomètre.
© Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris

mardi 19 janvier 2010

Patch


> http://www.youtube.com/watch?v=VSW1vLwXKVk

vendredi 15 janvier 2010

Traverse

Nous vivons en effet dans une société d'auto-contrôle.
Et cela est si diffus et si doux, oui ! Une petite musique rassurante…
En résonnance directe, un extrait de PATCH( !), livre que je viens d’achever :
Continuons par L.
Aliments encore plus politiques.
Nous nous nourrissons de transparence.
Elle nous traverse, nous évide, 
nous sommes des coquilles.
SHELL
La structure de la transparence brouille la marche du pouvoir.
Il entre, il sort, il entre, il sort, il entre, il sort.
Homme de traverse.
D’emblée encoquillé, craquant de tous bords.
L’histoire ne répète que la même trame :
hirsute, déboisée, qui laboure la fibre.
Mieux vaut alors ne pas être d’un naturel très liant.
Se lier c’est s’indexer au pouvoir,
bon pied, bon œil.
Eh ouais !
TOTALe annexion

Plasticité de la peau qui fonctionne par raccourci.

Pour tranquilliser notre appétit
de l’impérissable
les liquidités circulent.
En masse. Par paquets. Par remorques. Par containers.
Nous voilà encore vases,
navrants d’élasticité, avides de contenant.

Contenez-moi, contenez-moi.
Couac noir
Couac d’oiseau noir déplumé/englué dans l’or noir.

Et ça s’étire, ça s’étire, ça dégouline pour mieux coller.
Tous agglutinés.
OIL

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mercredi 13 janvier 2010

oubli



Je pense au contraire que la transparence est une forme d'aliénation exacerbée par le web. C'est un peu l'idée du panopticon de Bentham : être visible en permanence sans voir soit-même et savoir qui nous voit. Sauf que la société disciplinaire de Foucault s'est muée en société d'auto-contrôle.
Cela est diffus et doux. Une petite muzak rassurante.
Pour les ados, échapper à la surveillance des aînés a toujours été une priorité, hier comme aujourd'hui. Le web est peut-être un moyen parmi d'autres. Cependant, Internet est un média de stockage et disparaître est quasi impossible.
Beaucoup ont fait l'expérience comme moi d'une inscription annulée sur Facebook dont le profil reste malgré tout en mémoire dans les archives de l'entreprise.

Un article : Le droit à l'oubli numérique, un casse-tête juridique.

dimanche 10 janvier 2010

Les transparents

Je ne suis pas sûre qu'il y ait une identité numérique propre, et une recherche spécifique d'identité numérique, il y a plutôt un prolongement de soi, dans une nouvelle arène publique, à travers des outils technologiques, une interface technique,
Pour les ados, cet accès permet de se libérer de la surveillance de leurs aînés, ils cherchent à se rendre invisibles de ceux qui disposent d’un pouvoir direct sur eux (parents, enseignants, etc.), et en contre partie, ils s’exposent joyeusement auprès de leurs pairs.
"La génération des transparents, qui a passé toute sa vie sur scène, depuis que leurs embryons ont été filmés par une échographie alors qu’ils n’avaient que huit semaines… de gestation. Ils adorent partager leurs expériences avec la planète entière sur MySpace, Facebook ou Twitter et pour eux, Big Brother est un reality show." Josh Freed, éditorialiste canadien
On peut arriver à se demander si les choses se passent réellement quand personne ne les regarde ?
Si la transparence n'est et ne sera pas paradoxalement une nouvelle forme de liberté, d'émancipation ?
Et à l'extrême, se déconnecter amorcerait une disparition totale, hors de tout, et même des mots...
Samuel Bianchini - Exposition Jeu de Paume - 2009

mardi 5 janvier 2010

Biographie subie

Je crois que l'identité numérique n'est rien d'autre qu'une manière supplémentaire de se raconter aux autres.
Se raconter aux autres, raconter sa vie dans des espaces prévus à cet effet. Des espaces qui incitent à dire qui l'on est.
Non pas en restant anonyme, en inventant une fausse identité, en falsifiant, mais en livrant au contraire des détails de sa vie, privée et minuscule.
L'identité numérique est en quelque sorte une histoire à dormir debout, pour nous endormir.
Pourquoi cette demande d'identités ?
Un retour forcé à l'authenticité ?
Pourquoi ne pas se déconnecter, disparaître, ne rien dire - avec des mots - dit Charles Pennequin ?

lundi 4 janvier 2010

Une petite légende

Je commencerai, Karine, par ce texte, comme une ouverture à…, 
une réflexion exponentielle à partir de la fiction, la légende sur nos vies multiples, 
réelles, virtuelles, rêvées…

Je te raconterai une petite légende.
Certaines choses sont vides comme elles 
se doivent de l’être.
Pas la main qui se presse, pas le saut en
 plein air, pas la tête qui se soulève en apnée, 
pas le sexe qui étouffe.
Maintenant tout peut réellement commencer.
Maintenant nous pouvons prétendre que 
toutes les chansons sont possibles.
Suck it.
Même comme ingénue ou comme clown, 
c’est s’inventer des vies parallèles.
En passe de projection.
Et ça sera mon nouveau jouet – littéral ? 

LÉGENDE  # 1
Splash cash mâche 

Faut-il sauter pour attraper ?
Ou alors frapper le sol ?
Ou même se retourner sur le dos ?		flipper

À la base, en tant que personnage, 
on ne peut effectuer que deux actions : AVANCER/SAUTER				
cling cling


C’est instinctif, voire épidermique.

whap whap					bash

Ça se passe en surface, 
mais pas uniquement, 
en souterrain, sous l’eau, dans l’air 
jusqu’aux forteresses.

L’apparat est de mise 
mais emploie des ingrédients génériques : 
salopette rouge ou verte, robe jaune ou rose.
 
ding dong boomerang

Le tout donnant des silhouettes qui portent en elles bien plus que leur apparence.

pop blog peer bague tag tool add in slash lache

Ce sont des sortes de workers attendris, 
Qui peuvent encaisser des chocs, 
Qui augmentent leur vitesse,
Qui marquent et battent des scores,
Qui touchent pour rendre vulnérable, 
Qui se téléportent, 
Qui gravissent jusqu’au ciel,
Qui se fortifient,
Qui, en courant, sautent plus haut et plus loin,
Qui peuvent être invincibles,
Qui rebondissent et rebondissent encore,
Qui cherchent l’invisible, 
surtout les blocs invisibles,
Qui quêtent,
Qui alternent les couleurs,
Qui délivrent parfois,
Qui éliminent beaucoup,
Qui prennent le risque des collisions,
Qui ramassent,
Etc.

Il faut que tout bouge, tout claque, tout vibre.

Bling plugin mapping panique ntc test 
vlan

Bien plus qu’une simple expérimentation, 
Place aux prises de position franches, 
aux relations nouvelles.
Sur une plateforme à différents étages avec des tuyaux multiples.


Le nombre fait la partie. 

Pack 
		Bit
			Bulk					arrrrgh
				LisezMoi
						Metadata
Aglagla						clip
									Tab

Le nombre évite de mourir, 
trop vite, trop souvent, 
et pour rien.


#Check point song#

wuzzat yak yak shushushushushu huh bling bling flipper 
ding ding dong boomerang bing bang bong yo yo meteo 
wouah oh oh oh warp papapapa pada panda pizza whap
 whap halal lalala lalalilalali pixel harcele st st st plait excelle
 mouais yahoo ooops kangourou bagou aglagla arrrrrgh grr
 cling cling agile fragile scrolling trampoline yop toast post
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