Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

mardi 29 juin 2010

l'épiphyte n'a pas besoin de validation

Nous n'avons pas besoin d'expert pour valider -ou pas- une démarche.

Surtout, ne pas faire le recensement des épiphytes car tout l'intérêt est de se développer tranquillement, en toute impunité, dans un système.
A partir d'une expérience épiphytique, en générer d'autres, par transmission orale, le bouche à oreilles, le téléphone arabe, les rumeurs, l'effet papillon, un site Internet qui archive non pas les moments épiphytes mais les traces et témoignages de ces moments.
Les exemples cités ne sont pas épiphytes car ils sont déclarés et recensés. Et je ne souhaitais pas que le mien soit compris dans la liste car il devient maintenant inopérant.

Il faut comprendre que les moments épiphytes sont irrécupérables.
Le "vivre ensemble" se joue à 2 niveaux; le premier est ce que l'on met en place comme tactique épiphytique, le moment épiphyte lui-même, le second est la nécessité d'échanger autour de ces moments une fois activés et de leur donner une trace sans les nommer.
Tu sembles plus soucieux du second.

épiphyte de l'éphipyte de l'épiphyte

La "mise en commun des distances" nomme avec élégance une tentative admirable -- comme le sont toutes les initiatives de Blanchot, Nancy, Agamben entre autres qui s'inspirent de l'Acéphale de Georges Bataille (la revue mais surtout la société secrète visant à créer "la communauté de ceux qui n'ont pas de communauté") -- d'échapper aux pièges du communisme. Sur le plan des idées, ce qu'on appelle le "communautarisme" est postérieur de dix ans aux séminaires de Barthes: pour lui, à l'instar de Bataille, c'est bel et bien de l'échec du projet politique du communisme qu'il s'agissait. Mais, en pratique, à quoi ressemblerait la mise en commun des distances? Les distances sont-elles "mettables en commun"? Et surtout, les mises en commun des distances se laissent-elles mettre en commun comme distances? C'est-à-dire que le dilemme auquel sont venues se heurter ces-dites tentatives ne concerne-t-il pas également l'épiphyte: à savoir comment l'épiphyte s'incorpore lui-même, comment l'épiphyte s'éphiphyte-t-il? "S'incorporer" ce n'est peut-être pas très clair. Pour être plus précis, je me demande comment l'épiphyte s'accueille lui-même. Quel est le mode d'hospitalité, donc de vivre ensemble, de l'épiphyte quand il se trouve, à son tour, hôte -- et notamment hôte d'épiphyte? Je ne parle pas seulement des épiphytes de l'épiphyte, mais d'une mise en commun -- d'un épiphytage -- des épiphytes.

Cette question ne relève pas de la rhétorique mais interroge la cohérence disons logique de l'épiphyte comme vivre ensemble. Elle mérite, me semble-t-il, réflexion.

Mais une autre question me tracasse, d'autant plus fortement que je vois des épiphytes partout (comme le prosaïque Monsieur Jourdain), à savoir comment distinguer l'épiphyte, tel que tu l'entends, de son double? De la structure qui lui ressemble à se méprendre sans pouvoir être qualifié d'"épiphytique"? Tu disais que tout ne peut pas être décrit comme épiphyte -- et je suis entièrement d'accord -- mais comment stabiliser l'usage de ce terme suffisamment pour l'utiliser pour décrire un "vivre ensemble" sans être immédiatement contredit par un avis d'expert qui dit : "non, ça ressemble à un épiphyte, mais ce n'est pas ça"? Il ne s'agit pas de savoir dans l'absolu, mais à peu près. Anton Vidokle l'est-il dans l'épiphytique avec e-flux par rapport au monde de l'art dominant? Paul Robert est-il un épiphytes par rapport aux courses à pied qu'il gagne avant de se dérober? Bernard Brunon en fondant et faisant fonctionner pendant trente ans une entreprise de peinture en bâtiment comme proposition conceptuelle et collective? Toi-même en profitant du temps improductif mais rémunéré dans ton école des beaux arts pour dispenser un tout autre enseignement? Dans chacun de ces exemples, mais à des échelles et dans des circonstances de vie incommensurablement différentes, l'acteur avance masqué -- mais le sont-ils, l'êtes-vous pour autant tous épiphytes?

mise en commun des distances

Comment vivre ensemble est le titre des séminaires de Barthes au Collège de France en 1977.
Vivre ensemble à son propre rythme est ce que Barthes présente comme son fantasme. Son "vivre ensemble" n'est pas communautaire car il a le projet de la "mise en commun des distances".
La nuance est importante car la communauté rassemble des intérêts communs avec le risque du "communautarisme" où l'individu est dissout au profit du groupe, alors que Barthes fonde le "vivre ensemble" sur le désir d'un détachement, d'une séparation du monde en vue de vivre selon son propre rythme et non selon les différents rythmes du pouvoir.

Vivre ensemble implique donc un vivre seul.
Il n'y a pas de communautarisme dans l'épiphyte mais y-a-t-il même communauté ?
Je ne sais pas.
L'épiphyte est une notion qui regroupe de très nombreux modes opératoires et je te rejoins quand tu dis que l'épiphyte est une "façon infinitive de vivre", c'est là qu'une communauté peut apparaître, mais ce mot est tellement utilisé à tort et à travers que je ne sais pas s'il s'applique à l'épiphyte. En tout cas, je préfère nettement le "vivre ensemble" comme perspective, ce qui manque au parasite.

Le parasite prend et ne donne rien, l'hôte donne et ne reçoit rien, selon la formule de Michel Serres. Il a une très grande capacité de nuisance, ce qui jusqu'ici ne me pose aucun problème, mais l'échange est déséquilibré. Le "don contre don", même s'il défie l'autre, n'a pas lieu. Rituel indispensable pour l'équilibre de toute société.

samedi 26 juin 2010

comment ? vivre ! ensemble *

Comment vivre ensemble?

Comment vivre ensemble?

Comment vivre... ensemble?

Il me semble que tu poses là la question-clé de l'épiphyte. Selon ce qu'on met l'accent sur le premier adverbe, le verbe à l'infinitif ou le second adverbe, on interroge la logique épiphytique (et par extension la vie même bien sûr) sous trois angles bien différents. Respectivement sous un aspect pragmatique interrogeant le mode d'agir; sous un aspect actif évoquant l'intensité; et enfin sous l'aspect du partage et de la nécessaire communauté (nécessaire puis la langue est commune). Le premier angle -- le "comment?" -- me semble requérir des exemples pour ne pas tomber dans les pièges de l'abstraction. J'espère qu'on y viendra. Le second angle -- "vivre!" au sens emphatique -- surtout parce que le verbe est à l'infinitif, et n'est donc conjugué à la faveur de personne, révèle un enjeu pour moi cruciale: à savoir qu'il ne s'agit pas de survivre au monde, mais d'expérimenter une intensité qui n'est pas indigne. Mais c'est peut-être en mettant l'accent sur le troisième terme, "ensemble", qu'on rend la question la plus pertinente, certainement la plus politique.

C'est pour ça que l'épiphyte fascine: parce qu'il est à la fois un mode opératoire, une façon infinitive de vivre et une configuration politique.

Peut-être pouvons nous évoquer ces trois aspects séparément. Puisque je commence (ou pense commencer!) à mieux comprendre ta conception de l'épiphyte -- après avoir essayé en vain de le conceptualiser selon ma propre vision des choses et autres mondes -- est-ce que nous pouvons essayer de dégager, ensemble, quelques unes des dimensions politiques de l'épiphyte?

Comment l'épiphyte permet de vivre ensemble? Quelle communauté politique génère-t-il? Si, comme tu dis, l'épiphyte avance masqué, s'agit-il d'une communauté invisible à elle-même car masquée? Quels pièges communautaires permet-il d'éviter? Le parasite, me semble-t-il, ne permet pas le vivre-ensemble, en tout cas pas pour longtemps! Disons qu'il nuit à la prospérité vitale de l'ensemble. C'est peut-être là où la distinction entre parasite et épiphyte est à creuser sérieusement (au-delà de leur évidente différence logique).

mercredi 23 juin 2010

comment vivre ensemble ?

Je ne refuse pas la pluralité des mondes. Je n'ai d'ailleurs jamais écrit cela.

L'épiphyte ne peut pas être complètement autonome. Tu oublies le support nécessaire à son implantation à partir duquel il développe l'éco-système. Et c'est précisément ce qui est intéressant : ni autonome, ni dépendant.
L'épiphyte n'est pas "en dehors" mais fabrique à partir de l'existant qu'il modifie et enrichie pour reprendre les termes des premières lignes de ma proposition.
Le support peut ensuite se faner, il n'emportera pas l'épiphyte avec lui, ce qui le différencie du parasite.
Par contre, pour assurer sa survie, l'épiphyte doit former des alliances avec les éléments de l'environnement, ce que les botanistes appellent la persistance. Mais les échanges avec l'écosystème sont bien permanents.

Je n'ai jamais dit également que je voulais changer le monde hôte, car l'hôte est le support qui n'est finalement que l'accroche au phénomène, un terreau qui n'a ensuite qu'une fonction mineure.
Aussi, je reconnais bien évidemment le pouvoir de l'autre, un pouvoir oppressant qui motive des actions et des résistances. Ne pas le reconnaître serait naïf et illusoire.
La proposition du "revenu de vie garanti", bien que très intéressante, n'est pas épiphytique car c'est une proposition identifiée. Or, l'épiphyte avance masqué.
Toute proposition ne peut pas ainsi relever d'une tactique épiphytique même s'il y a des frottements.
Je dirais qu'il faudrait réaliser des moments épiphytiques et l'expérimenter avant de mettre tous les mondes plausibles et possibles dans la boîte.

mardi 22 juin 2010

résistancialisme

Pour ma ma part, je ne vois pas comment quelque chose peut être à la fois un outil et un mode opératoire. A force de surcharger le mot outil de significations on risque de le casser ou du moins à lui faire perdre sa spécificité (si tout est outil, plus rien ne l'est). Mais laissons cela de côté pour l'instant, et parlons comme tu le suggères de moyens sans fins.

Je te suis quand tu dis que l'épiphyte n'est pas un monde, ni une tactique pour nous libérer du monde dominant. Il s'agit, plutôt, de se servir de l'excédent généré par le hôte, pour survivre. Alors que le parasite abuse de la puissance excédentaire de son hôte, soit délibérément "pour nuire" soit "par nature", l'épiphyte en profite tout simplement. C'est un mode opératoire qui me fait penser à Georges Bataille qui, dans La Part maudite, soutient que c'est l'usage que fait une société de son excédent qui définit sa culture. L'épiphytisme qui n'est pas pris en compte par les économistes conventionnels puisqu'il ne fait pas partie de l'économie restreinte ; mais il fait partie intégrante de l'économie générale de tout monde où il est pratiqué.

Or ce qui me surprend c'est que d'une part tu refuses la pluralité des mondes et d'autre part affirme ta volonté de générer des résistances à ce monde-ci, seul monde qu'il y aurait. L'épiphyte bien conçu et bien mis en oeuvre, n'est-il pas un mode d'autonomisation du monde-hôte? Et en s'en autonomisant, ne finit-on pas faire émerger un autre... monde justement? Je ne vois pas pourquoi tout ce qu'il y a, tout ce qu'il peut y avoir serait LE monde, comme s'il n'y avait rien en dehors de ce qu'on appelle le monde -- des mondes-épiphytes potentiellement? Plus crucial, à mes yeux, est ceci: vivre en épiphyte me semble une façon d'exister dans la plus souveraine indifférence envers le monde hôte? Une façon de se donner le temps, le loisir de penser, de vivre -- et non seulement de survivre -- indépendemment du monde dominant, sans être assujetti à sa temporalité, etc. (En ce sens, dans notre société hautement productive ne peut-on définir la revendication du "revenu de vie garanti" initialement proposé par Thomas Paine au moment de la Révolution, soutenu aujourd'hui par toute une bande de hackers et slackers, comme une proposition épiphytique? http://appelpourlerevenudevie.org/) Dans ces conditions, la vie épiphytique devient tout autre chose qu'un mode de survivre au monde! Il devient un générateur de mondes autres qui, pourtant, ne sont autres que celui ici et maintenant. Mais "résister" c'est d'abord reconnaître le pouvoir de l'autre (afin de le transformer, mais toujours dans un deuxième temps, et toujours dans les termes, les temporalités définis par l'autre). Surtout, changer le monde hôte en résistant contre ses préceptes, c'est non seulement les reconnaître, c'est aussi subir les conséquences. L'intérêt de l'épiphyte n'est-il pas précisément de déplacer le lieu et le sens et les termes de la vie (et des idées etc) et non pas de "résister" à ceux qui sont toujours déjà prédéfinis?

lundi 21 juin 2010

modus operandi

Je déplace donc l'épiphyte sur ton terrain, dans ton monde plausible.
Projet qui propose d'autres mondes par rapport au monde de l'art dominant.
Or, les tactiques sur le mode épiphytique ne construisent pas de monde identifié.
Il n'y a pas la volonté de nous "libérer" d'un seul monde comme tu le décris dans ton texte mais plutôt d'y résister, ce qui pour moi n'est pas la même chose.
L'épiphyte est davantage lié à un modus operandi qu'à un modus vivendi car il n'est pas déterminé par une seule manière de vivre et surtout il n'est pas un modèle.
L'outil permet de réaliser son désir et non une tâche. Il n'est pas ce substitut, celui que les luddites ont détruit au début du XIXème siècle, mais une fabrique, un mode opératoire comme la tactique est un moyen.

dimanche 20 juin 2010

épiphyte -- un outil? ou un agencement?

On verra si l'on ne parvient pas, avant la fin de ce cycle lunaire qui circonscrit notre conversation, à esquisser une petite topographie des épiphytes en oeuvre, ou du moins à dresser une petite typologie d'épiphytes possibles !

Je suis surpris de te voir décrire l'épiphyte comme un "outil" -- un outil mouvant, un outil pour l'action, un outil au service de ceux qui veulent se l'approprier. N'est-ce pas plutôt un paradigme ? Ou un agencement (pour parler deleuzien) ? Tel que je le comprends, un outil est un instrument utlisé pour réaliser une tâche, qui s'use sans se détruire (sans se consommer) lors de cette réalisation. Ce qui n'est pas une définition possible de l'épiphyte -- ce n'est même pas du même registre, ce qui est la raison pour laquelle l'épiphyte n'est pas non plus une machine. Dans ma tête, l'épiphyte était plutôt un modus vivendi, une façon de vivre, un mode d'être, tout simplement. Un outil est toujours subordonné à une fin ; avec l'outil ne sommes nous pas forcément dans une logique instrumentale, quel que soit son usage ou mésusage ? Que l'épiphyte ne soit pas un outil n'empêche personne d'"épiphyter" tactiquement. Tu m'excuseras ce néologisme, il me semble que la langue française, qui nous autorise à parasiter en toute impunité grammaticale, devrait s'enrichir de ce verbe, qui viendra logiquement s'épiphyter sur le corps de la langue "tout en le complexifiant et l'enrichissant."

l'épiphyte - repères

J'ai fait cette proposition à partir d'une expérience personnelle toujours à l'œuvre.
A partir d'une situation qui ne me convenait pas, en l'occurrence dans l'institution artistique, j'ai fait en sorte que cette situation se modifie en ma faveur, sans pour autant l'imposer et donc la révéler, sans quoi elle aurait été immédiatement reprise pour le compte de la situation initiale.
Je vais donc te décevoir, mais précisément, du fait de ce modus vivendi, je ne peux pas "topographier" les moments épiphytes.
Par contre, l'épiphyte est un outil au service de qui veut se l'approprier, en art ou ailleurs. Non seulement un outil de réflexion dont on se saisirait collectivement, mais aussi un outil pour l'action.

Le Nouvel esprit du capitalisme de Chiapello et Boltanski, livre écrit en 1999, lu pour ma part en 2000, a démontré que les critiques artiste et sociale, ont été depuis les années 70 systématiquement déjouées et intégrées par le capitalisme, toute tentative critique étant ainsi absorbée. A la critique artiste dénonçant un système oppressif, demandant plus de libertés (mai 68), le capitalisme a effectivement répondu en faveur d'une plus grande autonomie mais en transformant le contrôle par l'auto-contrôle et en développant un capitalisme désormais organisé selon un principe connexionniste.
Internet est non seulement devenu un des outils communicationnels privilégiés, mais aussi un modèle architectural appliqué à l'organisation de la société où la mobilité, la flexibilité, l'autonomie et la créativité sont les nouveaux diktats.

Je ne tiens pas à la discrétion ou à être en marge, underground qui tôt ou tard est récupéré par le courant dominant. Je ne tiens pas non plus à être au devant de la scène et ne brigue d'ailleurs aucune sorte de pouvoir. Il m'est donc nécessaire d'imaginer une tactique que j'utilise pour mon propre compte mais qui puisse être également perçue et réinvestie par d'autres en vue de générer des résistances suffisamment efficientes.

Contrairement au travail de Jean-Baptiste Farkas, qui m'intéresse beaucoup, mais qui mène, avec ses modes d'emploi pour passer à l'acte, des actions davantage parasitaires à mon sens, je ne propose pas de mode d'emploi à activer, mais un outil qui ne concerne que les protagonistes qui en feront usage.
Autrement dit, un outil mouvant, en redéfinition permanente selon le terrain, qui ne peut pas être fixé (et donc écrit comme avec le mode d'emploi).
En revanche, pour que cette proposition puisse faire partie du débat artistique, je souhaite la diffuser autant que possible avec les moyens qui commencent par cette conversation.

samedi 19 juin 2010

épiphytes

Parlons épiphytes si tu veux bien, puisque c'est autour de leur singulier, leur inspirant, leur exemplaire "mode de survie" -- pour reprendre ta formule -- que nous nous sommes rencontrés, quand tu as présenté ta proposition de "moments épiphytiques" dans le cadre de lecollege :

"En botanique, un épiphyte est un organisme vivant sur des plantes qui ne sont pour lui qu'un support indifférent. A l'inverse d'un parasite, l'épiphyte ne dépend pas de son hôte pour se nourrir, il fait usage d'un écosystème et le modifie pour ses propres besoins tout en le complexifiant et l'enrichissant. On déplacera ce mode de survie dans tous les lieux où il est opérant."

L'idée est plus que suggestive, car au-delà du phénomène (ou "épi-phénomène") botanique, c'est tout un mode de vie et de vivre ensemble qui est évoqué. Pouvons-nous vivre en épiphytes? Sommes-nous des épiphytes qui s'ignorent? Et -- puisque jamais deux questions sans trois, et puisque tes moments épiphytiques semblent oeuvrer dans la plus grande discrétion -- dans quels lieux s'est-il avéré jusqu'ici opérant de déplacer ce modus vivendi ?

vendredi 18 juin 2010

conversation avec Stephen Wright du samedi 19 juin au dimanche 18 juillet 2010



Stephen Wright est théoricien de l'art.
Un texte de Stephen Wright à télécharger en PDF : Mondes de l'art plausibles