On verra si l'on ne parvient pas, avant la fin de ce cycle lunaire qui circonscrit notre conversation, à esquisser une petite topographie des épiphytes en oeuvre, ou du moins à dresser une petite typologie d'épiphytes possibles !

Je suis surpris de te voir décrire l'épiphyte comme un "outil" -- un outil mouvant, un outil pour l'action, un outil au service de ceux qui veulent se l'approprier. N'est-ce pas plutôt un paradigme ? Ou un agencement (pour parler deleuzien) ? Tel que je le comprends, un outil est un instrument utlisé pour réaliser une tâche, qui s'use sans se détruire (sans se consommer) lors de cette réalisation. Ce qui n'est pas une définition possible de l'épiphyte -- ce n'est même pas du même registre, ce qui est la raison pour laquelle l'épiphyte n'est pas non plus une machine. Dans ma tête, l'épiphyte était plutôt un modus vivendi, une façon de vivre, un mode d'être, tout simplement. Un outil est toujours subordonné à une fin ; avec l'outil ne sommes nous pas forcément dans une logique instrumentale, quel que soit son usage ou mésusage ? Que l'épiphyte ne soit pas un outil n'empêche personne d'"épiphyter" tactiquement. Tu m'excuseras ce néologisme, il me semble que la langue française, qui nous autorise à parasiter en toute impunité grammaticale, devrait s'enrichir de ce verbe, qui viendra logiquement s'épiphyter sur le corps de la langue "tout en le complexifiant et l'enrichissant."