Comment vivre ensemble?

Comment vivre ensemble?

Comment vivre... ensemble?

Il me semble que tu poses là la question-clé de l'épiphyte. Selon ce qu'on met l'accent sur le premier adverbe, le verbe à l'infinitif ou le second adverbe, on interroge la logique épiphytique (et par extension la vie même bien sûr) sous trois angles bien différents. Respectivement sous un aspect pragmatique interrogeant le mode d'agir; sous un aspect actif évoquant l'intensité; et enfin sous l'aspect du partage et de la nécessaire communauté (nécessaire puis la langue est commune). Le premier angle -- le "comment?" -- me semble requérir des exemples pour ne pas tomber dans les pièges de l'abstraction. J'espère qu'on y viendra. Le second angle -- "vivre!" au sens emphatique -- surtout parce que le verbe est à l'infinitif, et n'est donc conjugué à la faveur de personne, révèle un enjeu pour moi cruciale: à savoir qu'il ne s'agit pas de survivre au monde, mais d'expérimenter une intensité qui n'est pas indigne. Mais c'est peut-être en mettant l'accent sur le troisième terme, "ensemble", qu'on rend la question la plus pertinente, certainement la plus politique.

C'est pour ça que l'épiphyte fascine: parce qu'il est à la fois un mode opératoire, une façon infinitive de vivre et une configuration politique.

Peut-être pouvons nous évoquer ces trois aspects séparément. Puisque je commence (ou pense commencer!) à mieux comprendre ta conception de l'épiphyte -- après avoir essayé en vain de le conceptualiser selon ma propre vision des choses et autres mondes -- est-ce que nous pouvons essayer de dégager, ensemble, quelques unes des dimensions politiques de l'épiphyte?

Comment l'épiphyte permet de vivre ensemble? Quelle communauté politique génère-t-il? Si, comme tu dis, l'épiphyte avance masqué, s'agit-il d'une communauté invisible à elle-même car masquée? Quels pièges communautaires permet-il d'éviter? Le parasite, me semble-t-il, ne permet pas le vivre-ensemble, en tout cas pas pour longtemps! Disons qu'il nuit à la prospérité vitale de l'ensemble. C'est peut-être là où la distinction entre parasite et épiphyte est à creuser sérieusement (au-delà de leur évidente différence logique).