Je ne sais pas si l'inexistant me permet d'y voir plus clair, car même si je suis tout à fait d'accord pour reconnaître avec toi l'existence d'un monde de l'art dominant, je ne me positionne pas tactiquement contre. Je dis bien "tactiquement", cela ne veut pas dire que j'accepte, au contraire, je cherche avec l'épiphyte un moyen de "vivre avec" autrement.
Ce qui signifie aussi que je ne délimite pas systématiquement des frontières entre lemondedel'artdominant et de ce qui n'en relève pas, même s'il y a toujours un lien entre le centre et ses périphéries, quand la périphérie est possible, les frontières étant tellement poreuses et mouvantes.

Jean-Claude Moineau est à l'origine de deux concepts : l'art sans art et l'art sans identité d'art.
Le premier est quand il n'y a pas d'intention d'art alors que le spectateur le reçoit comme de l'art. Le second est quand il y a intention d'art sans qu'il y ait pour autant réception d'art. Dans les deux cas, l'usage de ce qui est proposé est déterminant, l'artiste ne possède pas le pouvoir d'indexer ce qui est ou ce qui n'est pas. Peut-être qu'il y a de l'inexistant là-dedans ? J'en ai l'impression.

Mais l'épiphyte va au-delà. L'épiphyte déborde le champ de l'art et s'adresse aussi aux personnes qui ne se sentent pas concernées par l'art; ce que tu soulignes également.