A ta dernière question, je répondrais : en recueillant des descriptions de moments épiphytes.
J'ai travaillé il y a peu avec l'écrivain Christine Lapostolle qui a entrepris un site de descriptions en recueillant des témoignages de personnes qui décrivent leurs activités. La plupart du temps, ces personnes racontent en quoi consiste leur travail. Il y a d'abord une rencontre, un enregistrement et un texte réécrit par Christine que l'on peut lire sur son site.
Ce qui m'intéresse dans cette démarche, c'est le recueil des faits avec le plus de détails possibles, sans interprétation et jugement.
J'ai fait un film dans lequel Christine parle de ce qu'est "décrire"; décrire est par exemple Louons maintenant les grands hommes de James Agee et Walker Evans. Dans cet ouvrage, dans lequel sont regroupés textes et photographies, Agee et Evans décrivent dans les moindres détails, jusqu'à la poussière dans les tiroirs, la vie de familles très pauvres vivant au sud des États-Unis. Christine dit dans le film qu'Agee a redonné en mots la richesse que les paysans n'ont pas.
Je trouve sa remarque très juste et le travail d'Agee et Evans remarquable. Il y a une démesure dans la description qui dépasse la tradition journalistique et même sociologique.
J'envisage donc de recueillir des moments épiphytes sous le mode descriptif, un mode descriptif que je préciserai en faisant, mais qui me semble le plus approprié pour ces moments.
Dans un premier temps, tout serait visible sur un site Internet.