Oui, je me sens proche de la pensée et du travail de Christine Lapostolle, écrivain et enseignante en culture générale aux Beaux-Arts de Quimper.
C'est d'ailleurs avec elle que le premier moment épiphyte a eu lieu à Quimper.
C'est une complice.
Descriptions, qui est l'une de ses entreprises littéraires, réécrit les témoignages recueillis. Je suis d'accord avec toi sur "[...] le paradoxe de la réécriture des descriptions pour dire la pensée des autres "au plus juste". "
Dans un boulot fait ensemble, duo pour 13 mots et un paysage, qui est un dialogue entre un lecteur (moi) et un écrivain (elle), je reprends l'un de ses textes extrait du livre nous arrivons, Seuil, 2006 :
Page 82 : Toi l'homme dont je partage la vie tu reproches aux femmes de toujours écrire sur leurs amours. Nous marchons sur un sentier de forêt et tu dis : "Vous appartenez toutes à la même classe sociale, vous avez les mêmes références, la même culture, vous aimez les mêmes livres, vous prenez le thé ensemble, vous faites les magasins, vous allez au théâtre et c'est vous qui écrivez les livres. Toujours vous. Qu'ai-je à faire de vos états d'âme ? Qu'ai-je à faire de vos amours ? Pourquoi pas les ouvrières, pourquoi pas les chômeuses, les poissonnières, les camionneuses ? Et quand il y a une ouvrière dans un livre, ce n'est pas elle qui parle, c'est encore vous qui l'avez inventée et qui parlez à sa place. Vous devriez arrêter de vous exprimer. Vous devriez avoir ce courage-là, cette élégance." Voilà pourquoi, estimes-tu, tu n'as plus de raison de t'intéresser à la littérature, qui est une affaire de gens de la même classe qui se racontent entre eux les mêmes histoires en faisant varier l'ordre des phrases d'un livre à l'autre. Tout le monde devrait pouvoir écrire. Si on voulait vraiment renouveler la littérature, il faudrait pendant des années publier tout ce qui s'écrit. "Tout sauf les livres que vous faites. Et peut-être là commencerait-on à entrevoir quelque chose de différent.
Je fais un commentaire de cet extrait au mot "résistance" :
Écrire avec des mots ou avec des images quand on ne sait pas avec des mots. La vie s'écrit sur Internet. La vie privée et minuscule. Seulement, elle s'oublie encore plus vite qu'elle ne s'écrit. Masse de mots et d'images muée en bruissement indifférent. Se raconter c'est prouver aux autres que l'on existe. Lire une existence incite à écrire la sienne. Le déferlement des récits de soi est en place. Je n'ai rien à dire dit Charles Pennequin. Je n'ai pas à parler. J'ai à me taire. Un petit peu. Dans les mots.
Internet est l'espace de la parole libérée et c'est bien le problème.
Dispositif de contrôle qui incite à écrire, à renseigner sa vie pour diverses instances du pouvoir.
La vie des hommes infâmes, dirait Foucault, n'est plus écrite à travers des rapports de police, mais par les hommes eux-mêmes sur Internet.
Il vaut mieux se taire parfois et le dire.
Et aussi, comment écrire sans être noyé dans la masse, comment conserver sa singularité ?

Il y a certainement une question d'échelle dans l'épiphyte. Une structure est déjà trop imposante, et comme tu le dis "molaire", alors qu'une prolifération à la barbe de ces structures me semble bien plus intéressante. A la fois mobile et perçante, "sa capacité à se propager sans changer d'échelle."