Je suis d’accord avec toi sur l’internet archive comme cimetière et qui rejoint les failles de la mémoire. C’est une archive à trous avec des vides qui rend l’information obsolète. Ce qui est d’autant plus étrange, c’est l’entreprise de vouloir archiver tout Internet.

Internet donne à chaque information une valeur d’actualisation. Ce qui est accessible semble actuel, certes la date vient affirmer un temps passé et permet d’introduire une temporalité mais le système va dans le sens d’une accessibilité/actualisation des stockages d’informations.

Une actualisation qui va très loin puisqu’elle touche à d’autres systèmes et pousse chacun d’entre nous à actualiser quelque chose, un système, un blog, un site, un logiciel, un texte, un code, une version, etc.

Tout doit s’actualiser.

Ce qui compte, c’est l’éternel présent. Un présent permanent.

Au moment où j’écris ces lignes et au moment où je publierais le billet, ce sera déjà du passé. Et ce billet s’ajoutera au dessus du précédent rendant ainsi « ancienne » ta réponse d’avant, générant une strate dans notre conversation.

Alors le présent permanent est une illusion qui vient nous titiller.

Imaginer des mouvements d’anti mises à jour, d’anti actualisation de ces machines… ou de ralentissement des mises à jour, un mouvement de résistance à une vague irrésistible. Mon intérêt s’est porté dans les failles de la mémoire.

A chaque fois que se crée un site ou un blog, on agit comme si tout ce qui se passerait sur la toile resterait pour toujours, comme si chaque écrit était éternel, comme si la technique présente serait la même dans quelques année.

Autant imaginer la perte, la défaillance, l’inactuel, l’obsolescence programmée, la disparition comme mode d’emploi.

La page illisible, le blog dont il manque les liens ou la page qui n’existe plus ?

Ou comment penser l’auto-archivage immédiat en regard de sa disparition tout aussi immédiate ? Archivage versus disparition. J’ai l’impression que chaque blog, chaque site est une entreprise fragile qui ne peut pas se penser sans perte. Et que le moindre bout de texte publié nécessite de penser à son archive tout comme à sa disparition.