Je suis tout à fait d'accord avec toi : il y a comme une injonction d'actualisation sur le web. La réticularisation du temps agit comme si nous étions dans un perpétuel présent.
L'actualisation permanente des informations en favorise leur accès tout en nous plongeant dans une impression de manque : je ne suis pas suffisamment informée comme si j'étais tout le temps en retard.
tchatchhh s'installe dans une temporalité qui n'est pas celle d'un blog publiant un billet chaque jour ou le plus souvent possible. Au contraire, le temps est dilaté et correspond au rythme de mon interlocuteur. C'est lui qui détermine les dates et la durée de la conversation.

Entre chaque conversation, du temps s'écoule...

Je trouve important de ne pas se laisser aller. Se laisser aller au temps d'aujourd'hui. Ralentir et se forger le temps que l'on veut, celui dont on a besoin, pas plus ni moins. Un temps suffisamment connecté pour ne pas se laisser distancer, pour ne pas se faire surprendre, tout en vaquant à ses occupations.
Et je trouve intéressant de prendre les choses à rebours comme tu le proposes dans le cadre de la ligne de recherche "Archivage et auto-archivage immédiat comme œuvre".
Ligne de recherche à l'initiative de Julie Morel, dans laquelle nous nous engageons aux côtés de Reynald Drouhin, Sylvie Ungauer, Gregory Chatonsky, Dominique Moulon et nous.
Le titre même de la ligne pose problème et tu t'en es saisie.