Au sujet du temps d’attente face à nos écrans d'ordinateur, voici deux images d’une collection de barres de défilement, devant lesquelles généralement on attend.
Je ne sais pas pourquoi ces barres de défilement ou barres d'attente ont un côté quasi hypnotique et provoquent le fait d’attendre de manière pavlovienne. Un moment de zen, de méditation, un moment de vide consacré à regarder des pixels sur un écran qui évoluent progressivement, sentir le suspens s’étirer, voir la représentation graphique d’un temps dessiné qui se réduit inexorablement… Combien de temps passons nous à les regarder sans vraiment les voir ?
Cela me fait penser à l’attente de la prochaine réponse dans une conversation, du prochain post.

Sur le temps d’attente et l'attentat, j’avais co-écrit avec Stéphane Degoutin un texte sur le musée de l’imaginaire terroriste : « On pourrait parler d’une mise en scène de contradictions, d’ambiances paradoxales, d’agencement spatial des extrêmes. Entre la soumission des foules qui attendent entre des barrières rappelant les files de bétails, entre les contrôles et les fouilles corporelles, les vérifications d’identité et les temps d’attente, jamais l’individu n’a été autant pris dans un réseau de contradictions de son plein gré. Chaque déplacement le soumet à ces mesures. Et si la théâtralisation du risque, la mise en scène d’une sécurité globale, n’est pas désirée tout autant que celle de s’envoler dans les airs ? »