la Dentellière d'après Christine Lapostolle et Karine Lebrun.

Tu as publié aujourd'hui le premier volet de ton "journal de voyage" dans Libération. Tu y relates l'autre tableau de Vermeer exposé au Louvre, la Dentellière, où l'on voit une jeune femme coudre. Ce tableau aurait pu gonfler la liste des 24 portraits du film d'Alain Cavalier tant la dentellière semble se confier. Elle ne s'adresse pas à nous, elle ne nous regarde même pas, absorbée par sa piqûre. Mais nous pouvons aisément prendre sa place et vaquer à nos pensées. Se confondre à cette jeune femme, comme une jeune femme parmi d'autres, au visage clos et l'esprit ailleurs.
Tu évoques aussi l'île de Sein comme un possible endroit pour stocker des toiles de Vermeer, bien plus à leur place chez les îliens que dans les grands musées. Tu viendrais les visiter in situ tout en saluant les personnes qui les hébergeraient.
Françoise Romand a réalisé en partie cette idée le temps d'une soirée en montrant ses films chez les habitants d'un quartier à Paris. Conviée à cette soirée, je déambulais chez eux en regardant les films, installée dans un canapé ou attablée dans la cuisine.
Les œuvres pourraient ainsi loger indéfiniment chez ceux qui voudraient bien les accueillir avec un traitement spécial pour les chefs-d'œuvre.
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