Au centre du tableau, il y a derrière l'homme une peinture dont on ne distingue pas le dessin. L'image projette une masse sombre et contraste avec la lumière de la fenêtre juste à côté.
Ce "trou noir" figure pourtant un paysage, une ouverture donc, dans cet intérieur avec une fenêtre dont on ne devine jamais l'extérieur.
Beaucoup de scènes peintes par Vermeer se jouent en huit-clos. Malgré les globes, cartes, vaisselles et autres indices pointant vers divers horizons, les tableaux dessinent un espace confiné et intimiste jusqu'à ressentir la présence insistante du peintre pourtant absent de la représentation.
L'atelier du peintre, visible et au centre de sa peinture ? Le peintre exposé dans les murs de son atelier ?
Tu te déplaces et écris depuis un itinéraire déterminé par la présence de Vermeer. Où que tu ailles, tu es habitée par le peintre qui n'est quasiment jamais sorti de chez lui.
Je t'imagine écrire dans une chambre d'hôtel, en changer tous les deux jours, écrire encore dans une autre chambre d'hôtel.
Est-ce que le papier peint de la chambre teinte le contenu du billet que tu vas poster ? Est-ce que le paysage traversé impressionne le texte ?
N'y-a-t-il que les tableaux ?