Au-delà de l'image que nous voyons dans La lettre d'amour, il y a l'image que nous imaginons. Même si elle nous paraît banale et/ou innocente, il y a derrière cette apparente banalité, une autre image qui est largement suggérée par Vermeer. Quelqu'un qui épie, dis-tu, je dirais quelqu'un qui mâte.
Vermeer et/ou un homme derrière le rideau, je n'arrive pas à me représenter une femme. Peut-être une tierce personne entre le peintre et le spectateur qui pourrait se substituer au narrateur ?
A l'exception de L’astronome et du Géographe, Vermeer n'a peint que des sujets féminins. Beaucoup vaquent à leur occupation comme si elles ne prenaient pas part à l'action dont elles sont pourtant les protagonistes. Elles n'agissent pas pour le compte du tableau, elles sont en dehors de ce qui se trame. Mon attention est constamment détournée par le dispositif mis en place par Vermeer, il se passe autre chose ailleurs, en hors-champ. Ton Vermeer en photographe est très crédible !
Voyeur, publié en 1994, est le titre du livre d'Hans-Peter Feldmann, composé uniquement d'images empruntées à la presse, le livre n'offre aucun texte.
En mêlant différentes images dont nous arrivons plus à hiérarchiser l'intérêt, l'artiste nous met dans une position de regardeur au rabais, un consommateur d'images condamné au voyeurisme.
Les dispositifs de vision de Feldmann et Vermeer ne sont pas comparables, mais ils mettent tous deux en jeu le regard en l'interrogeant selon leur contemporanéité propre.
Celui de Vermeer m'est un peu plus opaque.