L'expérience de la lecture empruntée envisagée par De Certeau n'est surement plus effective avec le web 2.0. parce qu’il est donné au lecteur cette possibilité de retour « qualitatif » que tu notes (like, Interestingness).
Est-ce que cette inopérance réside dans la différence public/intime ?
Il y quelques temps, tu m’avais convié à Quimper et j’y avais fait une lecture performée, un montage du texte de Michel Foucault : L’écriture de soi. Cet essai décrit la façon dont la société gréco-romaine du 1ème siècle se servait des huppomnêmata (supports artificiels de mémoire) et de la correspondance, les deux pouvant être rendus public. Le partage de ces huppomnêmata, leurs commentaires et les échanges de points de vue qu’ils suscitaient avaient pour but de développer un art de vivre, une manière d’être aux autres…
De ce texte est né le projet de recherche Auto-archivage immédiat comme œuvre où nous avions entrepris de voir ce que les plateformes de type blogs (nos supports artificiels de mémoire, électroniques) changeaient dans nos usages, nous artistes pratiquant quotidiennement l’art. Nous aurions pu dans cette recherche nous poser la question, comme le fait André Gunther, des usages des plateformes internet par tous types de public. N’étant pas sociologue, mon territoire de recherche est la pratique artistique, j’ai pour ma part exploré ce champs là en priorité.
Cependant à la relecture du texte Why Flickr is not art je peux comprendre pourquoi les étudiants se sont probablement trouvés frustrés devant Flickr, une plateforme qui impose un cadre normé. Flickr ne marque-t-il pas tous ses contenus de sa « vision » esthétique ?
Est-ce tant un problème de plateformes ou bien d’enjeux de création ?
Qui remixe - non pas les contenus Flickr - mais Flickr lui-même ?