Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

mardi 26 août 2008

En attendant la suite de l'épisode : L'écriT, l'écrAn, l'écrIN

J'emprunte ce titre à Jacques Derrida dans La dissémination.

Tout "commence" donc par la citation, dans les faux plis d'un certain voile, d'un certain miroitant.


L'écran, sans lequel il n'y aurait pas d'écriture, est aussi un procédé décrit dans l'écriture. Le procédé d'écriture est réfléchi dans l'écrit.




vendredi 22 août 2008

série - épisode 1 - un homme qui descend un escalier



dimanche 17 août 2008

Cross-Over

Singapour version SL… assez proche d'une réalité touristique
Il est sans doute plus facile de photographier Second life que la véritable ville...






Y a une part de fascination à rester des heures et des heures rivé devant un petit écran, à suivre les aventures et mésaventures de nos héros favoris. J’aime aussi cette série, que j’ai regardé d’un bloc lorsque les dvds furent disponibles. Je déteste suivre les séries à la télé, car il y a trop de coupures publicitaires et en plus la dynamique joue sur l’impatience et le fait d’être disponible le même jour, à la même heure, la semaine suivante devant ton écran.

Etrange de penser cela aujourd’hui car j’ai passé une partie de ma vie à être scotché devant. La bonne époque de Série club, Canal Jimmy, et autres….J’ai développé un intérêt tout particulier pour les cross-over, lorsque les héros d’une série rencontrent les héros d’une autre série : le premier que j’ai vu et revu en boucle c’est l’épisode mettant en scène," Homme qui valait trois milliards" (Le générique en guise de madeleine, ici) avec "Super Jaimie", un petit clip racontant leur histoire :





C’est débile mais le fait de raccrocher le héros avec un hypothétique passé, renforce le caractère du personnage, par moment ça change même la construction narrative de l’épisode… donnant quelques perles, cf. "Les C.S.I".

Les spin-offs m’ont fait réfléchir longtemps comme celui de "Booker" avec "21 Jump Street", peut être est ce l'inverse ? C’est pas tout jeune !!
C'est un peu un principe d'addiction... Pouvoir, vouloir, transporter les mêmes spectateurs de l'une à l'autre création
Connais-tu cette série "Oz" ? Série très bien construite, sorte de huis clos, passablement violent, qui dépeint l'univers carcéral. As tu déjà regardé "Weeds" ? l'interprétation musique du générique change à chaque épisode. Bonne trouvaille, non ?

Passion avouée et assumée pour les séries canadiennes dont "Catherine", "Les Bougon, c’est aussi ça la vie" à découvrir sans faute et la drôlissisme et cultissisme série, "Le cœur a ses raisons!", quelques extraits ici et




Un zapping sélectif de narrations durant mon séjour à Singapour :

"(Krapp jure, débranche l’appareil, fait avancer la bande, rebranche l’appareil)


-mon visage dans ses seins et ma main sur elle. Nous restions là, couchés sans remuer. Mais, sous nous, tout remuait, et nous remuait, doucement, de haut en bas, et d’un côté à l’autre.

Pause.


Passé minuit. Jamais entendu pareil silence. La terre pourrait être inhabitée."


« je me mis à répéter ce mot de débauche, sourdement, en me regardant les yeux, et tout à coups je me vis sourire»


« In the world in which I came of age the Party was the surface on which daily life took place »


« Nous avions tous les éléments d’un drame : un séducteur, une demi-mondaine et une femme de tête. »


« Elle resta assise regardant la goutte de sang sur son pouce jusqu’à ce que des cris dans la rue l’amènent aux fenêtres, des garçons (sans que l’on sache pourquoi toujours tous, des garçons) montant la colline en trînant les pieds sous elle sur des bouffées d’obscénités hardies tournant son dos en direction du palier de l’escalier, en bas reprenant souffle à une fenêtre de la rotonde »


« Most troublig were the fleeting signs that noting could transform any of this into something positive. »


Samuel Beckett, La dernière bande,

Françoise Sagan, Bonjour Tristesse,

Bret Easton Ellis, Luna Park,

et William Gaddis, Gothique charpentier

mardi 12 août 2008

petits arrangements avec les morts



La série qui m'a totalement conquise est, sans doute et de façon inégalable, Six feet under.
Elle débute par la mort de Nathaniel Fisher dirigeant d'une entreprise familiale de pompes funèbres. Par la suite, il apparaîtra régulièrement en sympathique fantôme comme son fils Nath, un personnage central, qui meurt subitement à son tour.
Cette série est passionnante, touchante et pose sans détour des questions de société liées au couple, au sexe et à la famille. Plus largement, elle aborde la mort avec simplicité et poésie.



Cette vidéo est la fin de la série. La fin de 63 épisodes. La fin de tous les personnages en 5 minutes. C'est inattendu et très triste. Pour comprendre, il faut voir tous les épisodes avant.
Plus haut, une autre famille, tu reconnaîtras.

mardi 5 août 2008

always dans la brume, la pluie, la pollution sauf lorsqu il fait beau!

Je ne suis pas enclin à photographier les monuments, ni les îles, ni même mes promenades… Parce que je ne suis pas photographe, parce que mon téléphone avec lequel je faisais des photos est complètement hors service mais c est une juste une excuse bidon…En fait, je préfère les liens vers d autres images, celles-ci, ou celles-la. D autres ont pris le temps, de mitrailler le centre ville et ses alentours, petite selection via Flickr, ici, ici aussi ; pour un simple carnet de vues, c est la

Philippe Starck a t il construit ou non la boutique J-P. Gaultier a Singapour ? ça restera une énigme jusqu a mon retour!!

En tout cas, je me pose la même question que le Time Out : « Who is the new Singaporean ? » sans doute un mixte entre les touristes de passage, les hommes d’affaires pâlichons, fraîchement débarqués pour signer de nouveaux contrats….

Du coq a l ane! J’ai passé une bonne partie de la nuit à explorer les diverses chaînes de télévision, asiatiques, australiennes et américaines. Entre les multiples rediffusions de « Friends », de « My wife and kids », de « 30 rock » (série que j’adore), de Terminator: The Sarah Connor Chronicles, du jeu «The Moment of Truth »…. (Serait-il envisageable qu’un tel jeu soit programmé sur le réseau français ? C est une sorte action ou verite ou l action a disparu au profit d une verite, pas toujours bonne a dire sauf si l appat du gain vous motive !! Presentateur=confesseur de nos petites fautes et autres basses culpabilites jouant sur la cupidite des uns et sur l interet de l autre a savoir tous les petits secrets du voisin, non?), j’ai du visionner le clip de Mika «Big girls, you are beautiful », annonçant la soirée spéciale « Ugly Betty », une bonne dizaine de fois.



The big event est pour demain…

Je devine le plan suivant avant même qu’il arrive sur l’écran….Il faut que j éteigne le téléviseur, non ?

En dehors des séries made in us, traînent quelques télénovellas chinoises, indiennes, ou indonésiennes à faire pâlir de jalousie les scénaristes de « sous le soleil », tellement leurs intrigues sont alambiquées, complexes avec trahisons, meurtres, ruptures, liaisons torrides….

Par hasard, en zappant, je m’arrête sur deux chaînes dédiées aux sports, enfin à un sport en particulier : le Catch. Je connaissais le catch masculin, le catch féminin, à deux contre deux, trois contre trois, je découvert hier soir le catch mixte, ou en couple…. L interet des programmes de nuit, c est qu il ne respecte pas l ordre chronologique, du coup j ai assiste, a une rupture, puis a la ceremonie de mariage, sur le ring et a deux matchs de coequipiers qui sont maintenant en lutte pour je ne sais quelle ceinture.... Bien envie de relire Barthes!!!

Chaque combat est entrecoupé des bandes-annonces du film The Love Guru avec Mister Mike Myers et de Code Name : the cleaner.

Résumé en quelques lignes d’ une bonne nuit d’insomnie !

lundi 4 août 2008

images du monde flottant



Je retourne explorer la ville qui en dehors des zones très touristiques, possède un charme indéniable où se mélangent des temples, des buildings high-tech, des demeures précaires .......
Oui, c'est comme cela au Japon aussi. Particulièrement à Tokyo.
Je suis allée visiter une petite partie de ce pays il y a 9 ans. Puisque cette conversation prend la direction du récit de voyage, je livre ici quelques impressions du mien.
En parcourant les photographies de mon exploration nippone, je constate que je n'ai que très peu d'images de la ville que tu décris. Je me souviens que je n'avais pas su quoi cadrer tellement les détails submergeaient le paysage.
Tokyo est enivrante !











samedi 2 août 2008

SINGAPORE

Petites impressions ici et de cette ville très étrange...

A croire que tous les pays se mettent au diapason des jeux vidéos ….



Arrivé donc à Singapour ; trop de choses à dire sur cette ville qui camoufle son côté anarchique, sa pauvreté, sa misère par un centre ville proche qui rappelle le monde merveilleux de la souris aux grandes oreilles, idole des petits et des grands. Malgré tout de très belles architectures à découvrir…..

Quelques instantanés glanés et pour commencer


comme dirait Nicolas T. , après « internet explorer, c’est Singapour explorer »

Un David en dentelle rose



Basculons dans les expositions, Singapour regorge de petites galeries et autres centres à découvrir absolument.

« Lucie Fields Media Artworks » (expositions d’artistes suisses) au labs lasalle college of art, plusieurs séries de performances ( en trois temps distincts) dont celle de Hina Strüver and Matthias Wüthrich, artistes, grimpeurs, ou l’art de l’escalade écologique artistique ….



C’est l’action de l’homme sur la nature qui est mise à l’index avec leur Regrowing eden (2007-2008), sorte de jardin hypothétique, lié à l’interprétation du génome d’une plante et celui plus métaphorique lors de leurs interventions in-situ : jardin éphémère !!! Même si la première performance laissait le spectateur un peu dubitatif.



L’analogie entre la bande jaune (qui n’est pas sans rappeler les barrières plastiques ‘don’t cross’ aux USA) et une plante, une liane, où tout autre élément organique croissant et envahissant fonctionne bien. Il faut du temps pour comprendre que les bandes jaunes, d’abord toutes reliées entre elles dans un informe nœud, va se modifier de performances en performances, venir squatter la façade du lieu, transformer, contraindre l’espace visuel. Au cours de leur seconde intervention, ils en étendent plusieurs, reliant le nord au sud, traversant la fontaine etc. Lors de la dernière, ils ont joué avec les niveaux, ainsi des bandes s’entrecroisent, viennent presque toucher le gazon ….



Projet à découvrir avec une série de photographies retraçant les diverses autres performances, ici...

Autre lieu direction Secondlife, avec le projet d’une artiste brésilienne, Martha Carrer Cruz Gabriel sur la peau, SKINdoscope.
Sur Sl on croise effectivement des créatures, des monstres, des hybrides, des personnages tout droit sortis des dessins animés nippons, des mangas, des supersheroes us, mais également des personnages littéraires. Peut-être existe-t-il une madame Bovary sur Sl ?

Un autre projet particulièrement intrigant, qui revisite une nouvelle fois les classiques du cinéma, lavomatic culture bis, mais qui peut déboucher sur une forme nouvelle... Forever Vertov!!!

Je retourne explorer la ville qui en dehors des zones très touristiques, possède un charme indéniable où se mélangent des temples, des buildings high-tech, des demeures précaires .......

dimanche 27 juillet 2008

après quelques jours je reviens indemne de quelques incroyables aventures



A quoi bon recycler ce qui a déjà été fait et se contenter de le remettre en circulation sur SecondLife ou ailleurs ? Quel sens y a-t-il à rejouer l'histoire de l'art sans y ajouter le moindre commentaire ?
J'aimerais, au contraire, qu'il y ait dénaturation !
SecondLife semble déjà recycler la vie telle que nous la vivons en exacerbant les côtés les plus sordides : monde hyper-capitalistique et pornographique, à ce qu'on dit.
Pourquoi les avatars sont si "beaux" ? N'y-a-t-il pas des monstres ? Je trouve cette série de portraits, dont est issue l'illustration de ce billet, plutôt conventionnelle.



Pour terminer sur une note electro pop japonaise plus barrée, je t'invite à écouter Hikashu, un projet de Makigami Koichi.

lundi 21 juillet 2008

SL voyage au coeur de la lavomatic culture !





billet sous le signe d'une petite song....


Bien évidemment, SecondLife permet à tout à chacun, de se balader, mais pas de flâner... rare de se perdre sur SL, trop de map et trop d'endroits inaccessibles,


Dans le Paris de 1900,


ou dans le quartier rouge d’Amsterdam,




Folklore du voyageur en mal de sensations...

Surtout revoir Berlin,



se souvenir des longues promenades dans la ville,



Visiter la quinzaine d'îles s'appelant Tokyo.






A chaque découverte d'un lieu, d'une île, tu mets à jour plusieurs pistes de réflexions concernant le devenir des formes, les stéréotypes.

Sur SecondLife, les gens cherchent-ils réellement quelque chose, ou quelqu'un ...Where is
http://www.dailymotion.com/video/x3e23_pixies-where-is-my-mind-live

Puis, en expérimentant, tu t'aperçois très vite que c'est également un lieu très ancré dans l'histoire actuelle donc, tu y trouves beaucoup de recyclage d'idées, de termes....

http://www.youtube.com/watch?v=NW8uQnNBtr0
Recycler le temps: assister à un life/live Show de Depeche Mode, ça vous tente ?
http://www.youtube.com/watch?v=o0p-rxDWpZI

Reproduire le passé, avec une couleur futuriste, dans le présent du jeu.

J’aime beaucoup la manière dont Alain Della Negra et Kaori Kinoshita examinent minutieusement les pratiques, les échanges dans leurs films documentaires tout en dressant des cartographies … Je trouve d’ailleurs leur projet sur Burning Man assez surprenant, je l’ai écrit ici.

Autre œuvre, autre espace à mi chemin entre œuvre de fiction et documentaire, teinté de politique, Cao Fei, présentée au Plateau-Frac ile de France tout récemment.

Vu à la biennale de Venise :
Part one / http://www.youtube.com/watch?v=5vcR7OkzHkI
Part two / http://www.youtube.com/watch?v=jD8yZhMWkw0
http://www.youtube.com/watch?v=9MhfATPZA0g

Secondlife semble en ce moment le terrain à la réitération de certaines performances et d’une réécriture d’une partie de l’histoire de la performance, à titre d’exemple citons les performances du couple italien Eva et Franco Mattes, plus connu sous un pseudonyme qui en fait correspond à l’adressage de leur site internet : http://www.0100101110101101.org. Récemment, à Paris, lors du festival Exit 2008 qui se déroulait à la maison des arts de Créteil, il exécutait une performance originalement interprétée par Marina Abramovic et Ulay, intitulée Imponderabilia, et qui eut lieu à la Galleria Comunale d'Arte Moderna di Bologna, en juillet 1977. Leur performance sur le net, n’était pas une avant-première, prend forme dans un projet plus vaste, intitulé Synthetic performances où il réitère les performances phares des années 70, de Joseph Beuys, Gilbert and George, Chris Burden, Vito Acconci etc.

http://www.youtube.com/watch?v=C8aTHkjaOF8

Participe t-il le participant sur Secondlife ? A partir de quelles archives, commentaires, récits élaborent-ils le cadre de leur performance ? N’y a-t-il pas une perte à réitérer des performances, qui avaient un sens transgressif ou qui avaient une valeur de manifeste ? Refaire, recycler et rendre les pièces encore plus polysémiques sans les dénaturer...

mercredi 16 juillet 2008

flâner ou surfer ?



Le "héros moderne" selon Baudelaire est l'individu solitaire errant dans la ville. Le flâneur du XIXe s rejoint le surfer de notre époque. Ils ont en commun la promenade et la solitude. Cependant, connecté et seul derrière son écran, le surfer se berce d'illusions. Qu'est-ce qu'une rencontre derrière un écran ?
Virilio a formulé cette critique : loin de connecter les hommes, le réseau ne fait que les éloigner davantage. Aujourd'hui, je cherche à rencontrer les gens derrière leurs écrans. Je me sers d'Internet pour cela, un peu comme August Sander l'a fait en son temps en photographiant les hommes du XXè s.
Il y a toujours un corps derrière un écran et mes photographies représentaient plus cette "présence physique" oubliée que l'ennui décelé. Mais c'est vrai, SecondLife n'a jamais piqué ma curiosité. Je suis plus intriguée par les documentaires d'Alain Della Negra et de Kaori Kinoshita qui entretiennent le trouble entre la personne et le personnage.
La vidéo fait partie de leur travail et relate un mariage entre deux femmes sur SecondLife alors que ces mêmes personnes sont un homme et une femme dans la "vraie" vie.

dimanche 13 juillet 2008

Ennui-Boredom-Noia/Annoyance

L'ennui n'est pas intrinsèque à la pratique de Secondlife, comme toujours, il n'est qu'un moteur/facteur de l'histoire culturelle.....

Elle se demandait s’il n’y aurait pas eu moyen, par d’autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme ; et elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu’elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu’ils étaient, sans doute, ceux qu’avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant ? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le coeur se dilate, où les sens s’épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l’estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelle découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments ; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières, le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c’était loin, tout cela ! Comme c’était loin !
Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur la longue tête fine, et lui disait : -Allons, baisez maîtresse, vous qui n’avez pas de chagrins.
Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s’attendrissait et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu’un d’affligé que l’on console.

Madame Bovary, Gustave Flaubert (1856-1857)

Et parce que cet ennui, n’est pas seulement lié au repos dominical, ni à la fête nationale, on ne saurait trop relire quelques pages de Moravia, tout en écoutant « l’homme à la tête de choux »



Et si le cœur y est, si l’attente se fait angoisse, voire désespoir, déception de l’autre ou de soi, mieux vaux s’enfermer dans une salle obscure pour revoir le film de Kahn

Parce que l’ennui n’est pas seulement qu’un thème littéraire, poétique (Baudelaire), philosophique (voir chez Heidegger) ; il est aussi objet de fantasme, et de ressort aux pièces d’Alex Bag, par exemple…,
cliquez donc ici !!

Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser. Journaux intimes, "Mon Coeur mis à nu", Charles Baudelaire (1821-1867)

SecondLife



ici





maintenant


toujours là


idem

jeudi 10 juillet 2008

Ma Seconde Vie Culinaire

Sur SecondLife, la gastronomie du voyage débute par le choix d'avatars, le votre en premier puis ceux qui constitueront vos amis lors des diverses échanges... Magasin de corps...



En avant pour une première rencontre a-temporelle...



Etrange, non que les Spaces Invaders, jeu quasi culte, se retrouvent sur une île...
Tautologie du "game play", simple citation du passé, dans le présent....



Dichotomie de SecondLife qui oscille entre distractions et recherches scientifiques (voire donnant même accès à certains symposiums)...Secondlife est-il un monde virtuel utilisé comme médiation scientifique et culturelle ?




Lieu de la pure contemplation psychédélique ?



Let's dance...

lundi 7 juillet 2008

cuisine interne



En regardant la vidéo de Derrida intitulée la peur d'écrire, j'ai découvert celle de Foucault juste après dans la file. Elle exprime très justement ce que je tente de faire avec tchatchhh et d'autres choses. Je ne sais pas si j'y parviens mais c'est là où j'interviens. Dans les interstices, en jouant de fausses notes et en m'intéressant aux phénomènes mineurs.



Dans le silence, il y a du bruit, c'est connu. Dans la musique, on parle surtout de cuisine et de champignons, on aborde les événements de biais. Les petites histoires forgent la grande.

dimanche 6 juillet 2008

Amorce

je vous écris

« Vous pourriez lire ces envois comme la préface d’un livre que je n’ai pas écrit. Il aurait traité de ce qui va des postes, des postes en tous genres, à la psychanalyse .(…) Quant aux Envois eux-mêmes, je ne sais pas si la lecture en est soutenable. Vous pourriez les considérer, si le cœur vous en dit, comme les restes d’une correspondance récemment détruite. (…) Une correspondance, c’est encore trop dire, ou trop peu. Peut-être ne fut-elle pas une (mais plus ou moins) ni très correspondante. Cela reste encore à décider. Aujourd’hui (…), il n’y a là que des envois, des envois seulement dont ce qui fut épargné ou si vous préférez « sauvé »(j’entends murmurer déjà « accusé »comme on dit de réception)l’aura dû, oui,dû à un principe de sélection fort étrange et que je juge pour ma pat, aujourd’hui encore, contestable, comme peut être d’ailleurs en toute occasion la grille, le crible, l’économie du tri, surtout si elle destine à la garde, pour ne pas dire l’archive. » cf . Jacques Derrida, La carte postale de Socrate à Freud et au-delà, éd. Flammarion, Paris, 1980.


Je vous écris une lettre,…. un billet, un poste…. d’un pays lointain pour reprendre les vers d’Henri Michaux et ceux de Chris Marker ! Allez donc, jetez un oeil sur la revue Hors Champ...


Et si pour entamer, amorcer, débuter cette conversation écrite, il fallait simplement accepter le silence de l’autre ?




Comment comprendre alors cet exercice, cet échange, ce support ??? Comprendre le « je », sur SecondLife à partir de


		

lundi 30 juin 2008

conversation avec Cyril Thomas du dimanche 6 juillet au samedi 6 septembre

En guise de présentation Cyril Thomas m'a donné deux images et un son :







John Giorno - Everyone Is A Complete Disappointment - Extrait de John Giorno et Anne Waldman ; A Kultur Selection.