Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

mardi 9 décembre 2008

うなぎ

J'aurais aimé trouver la scène de bataille (magnifique et drôle, très drôle) qui se trouve à la fin de "L'anguille" de Shohei Imamura, mais je n'ai trouvé que la bande annonce... La voici.
Version Francaise plus bas.



lundi 8 décembre 2008

le cru et le cuit

Le cuisinier (qui ne cuit rien du tout) prend une anguille vivante, lui fiche une longue pointe dans la tête et la râcle, la dépiaute. Cette scène preste, humide (plus que sanglante), de petite cruauté, va se terminer en dentelle. L'anguille (ou le fragment de légume, de crustacé), cristallisée dans la friture, comme le rameau de Salzbourg, se réduit à un petit bloc de vide, à une collection de jours : l'aliment rejoint ici le rêve d'un paradoxe : celui d'un objet purment interstitiel, d'autant plus provoquant que ce vide est fabriqué pour qu'on s'en nourrisse (parfois l'aliment est construit en boule, comme une pelote d'air).
Roland Barthes

samedi 6 décembre 2008

A table!






jeudi 4 décembre 2008

avoir les yeux plus gros que le ventre

mercredi 3 décembre 2008

Mordre la poussière

J'aime bien la viande, j'aime bien ces images kitchs et saturées des magazine des années 70-80, j'aime bien le souvenir de ma maman le dimanche feuilletant ces fiches de cuisine, j'aime bien l'odeur du gigot grillé avec sa touche de romain qui envahissait l'appartement à chaque fois que l'on ouvrait la porte de la cuisine et que ma mère criait "Ferme la porte, ça va sentir partout!", j'aime bien quand la fiche de cuisine tirés de la boite révélait un gâteaux et que ça sentait bon dans tout l'appartement, parce que l'on s'en foutait que ça sente le gâteau dans tout l'appartement, j'aime bien quand à table on se chamaillait les bouts grillés avec mon frère .... j'aime bien mordre la poussière, et puis je t'aime, mais ça on s'en fout.

mardi 2 décembre 2008

conversation avec Julie Morel du mardi 2 décembre au mardi 9 décembre