Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

mardi 24 juin 2008

Du maître mot, on retire l'ère du mettre à mort



Je te tendais évidemment une perche en abordant le sujet. Qu'on le joue à l'ancienne ou à la moderne, aucune proposition n'est satisfaisante. Pour les auteurs et compositeurs, par exemple, qui vivent de leurs inventions cérébrales, rémunérés au passage de leurs œuvres sur des médias qui font leur beurre en utilisant ces inventions artistiques, il ne semble pas suffisant qu'on ait l'honnêteté de citer leur nom pour les nourrir. Si l'on supprime le vieux système, difficilement applicable sans la complicité des fournisseurs d'accès et des fabricants de matériel informatique qui sont les nouveaux bénéficiaires, comment rétribuer le travail des artistes auteurs d'œuvres de l'esprit ?
N'importe quelle entreprise, n'importe quel travail peut se transmettre. Une épicerie, un cabinet notarié, une usine, un troupeau, tout peut se transmettre à ses ayant-droits. Lorsqu'il s'agit d'œuvres de l'esprit, c'est étrange comme cela choque tout le monde. Enfin, ceux qui travaillent dans l'épicerie, à la ferme, au bureau, sur le terrain...
Attention, les œuvres ne sont pas celles du Capital, bien au contraire, ce sont les expressions artistiques d'auteurs qui se sont toujours battus contre tous les pouvoirs. Beaumarchais a créé la première société d'auteurs pour lutter contre l'exploitation dont les auteurs dramatiques étaient victimes. Souvent, lorsque j'ai eu affaire à des gougnafiers ou des escrocs, la Sacem, la Scam ou la Sacd sont venues à la rescousse et ont pu parfois m'aider à me défendre contre les gros vilains pas beaux. Aujourd'hui encore, ceux qui attaquent farouchement ces droits sont essentiellement ceux qui veulent exploiter ces œuvres sans rétribuer leurs auteurs. Les industriels souhaitent seulement réaliser la meilleure plus-value. Dans les pays où règne le copyright, les honoraires sont autrement plus conséquents, le privé règne en maître, les universités ont du blé, mais les artistes vivent dans une précarité bien supérieure à la nôtre. C'est à eux de négocier directement, ce qui n'est pas vraiment enviable. Aux USA il n'y a pas de droit moral, l'œuvre appartient au producteur. L'Amérique est un mythe, carotte et bâton. La défense des droits d'auteurs n'est pas pour autant une exclusivité française.
Quant aux graphistes, aux photographes, aux développeurs poètes du code informatique, etc., il faudrait mieux s'aligner sur le système le plus profitable que de niveler par le bas. On pourrait aussi très bien moraliser la profession et permettre aux auteurs de la Toile de vivre d'un autre modèle économique que la gratuité. L'insert de publicité est la pire alternative que l'on puisse imaginer. Un exemple : mon blog que j'écris 7 jours sur 7 depuis 3 ans me prend trois heures par jour et ne me rapporte pas un rond, tandis qu'une publication papier est rétribuée, même mal. Tous les modules interactifs de Somnambules, FlyingPuppet, LeCielEstBleu auxquels j'ai participé sont des œuvres comme les autres, mais l'absence de lois sur Internet ou les nouvelles propositions liberticides qui se profilent ne permettent pas aux artistes de continuer sur ce support de plus en plus enclin au commerce et aux services alors que dans ses premières années la créativité était le maître mot. Maintenant ce serait plutôt l'ère du mettre à mort.
La circulation est une idée à avancer comme je l'ai exprimé, mais elle ne saurait s'affranchir du travail des acteurs qui alimentent le réseau. Tous n'ont pas la veine pédagogique ni une aptitude à adapter leur art à des formes appliquées. Pour l'instant, nous traversons une phase de transition où le modèle ancien a fait long feu et où les nouvelles modalités incarnent une forte régression, comme les mp3 par exemple. Les mômes ne savent plus écouter, faire la différence entre une reproduction de qualité et un gros machin compressé. L'intérêt est que ça prend moins de place, que ça va plus vite, mais la musique, elle est où dans tout cela ? Dans des revivals en veux-tu, en voilà, mais des nouvelles formes, autre chose que du clônage, y a pas le temps, ni l'énergie, ni le désir, c'est l'ère de la vitesse. Et les indépendants n'ont pas voix au chapitre, c'est une des parties du problème qui est rarement abordée. On va droit dans le mur, puisque, de toute manière, la marche arrière est un concept absurde dans la marche du temps, et on y va à fond la caisse. En espérant que ces nouveaux supports seront "vite" améliorés, dans le sens du confort ou de la créativité, et pas dans celui de la rentabilité, if you please. Je le répète, on imagine très bien la fin du monde, mais plus difficilement celle du capitalisme !

Je suis content que tu cites Christian Marclay que je connais bien et depuis longtemps. Personne ne l'ennuie avec ses citations pour deux raisons. La première, c'est qu'il ne cite pas, mais fait une véritable œuvre de création à partir d'objets recyclés. Son utilisation n'exploite rien ni personne. Il s'inspire, comme tous les artistes l'ont toujours pratiqué, sans aucune exception. Simplement, les outils ont changé, donc au lieu de s'inspirer de tel compositeur par sa partition, il s'en inspire par son enregistrement. Car aujourd'hui la musique se fait plus qu'elle ne s'écrit. Et Marclay fait œuvre. La seconde raison est qu'il ne rapporte pas assez de sous pour qu'on vienne lui chercher noise.
Comme John Cage avant nous, le Drame s'est battu pour faire reconnaître ses droits lorsque nous avons fabriqué des œuvres à partir de montages radiophoniques, et ce, pour ma part, dès 1974 (entendre la partition sonore de mon film La nuit du phoque publié en bonus de la réédition de Défense de). En 1981, le dépôt de Crimes Parfaits (j'en avais choisi le titre sciemment) nous fut d'abord refusé. Mais j'avais été assez vicieux pour nous citer nous-mêmes, or dans le relevé des centaines d'extraits de une ou deux secondes réalisé par un inspecteur de la Sacem aucun des nôtres ne figurait. J'attaquai en affirmant que la société ne défendait pas tous ses auteurs de la même façon. Après de multiples tergiversations, on finit par nous proposer 89% des droits. J'acceptai à condition que les 11% restant soient réellement redistribués entre tous les ayant-droits, ce qui était évidemment impossible, compte tenu des sommes dérisoires engendrées et des centaines d'auteurs cités dans notre pièce qui en outre intégrait bien d'autres éléments sonores, et en particulier dans la version scénique deux orchestres simultanés, des voix, etc. ! Crimes Parfaits préfigure les montages à la mode, d'abord sur Radio Nova et repris ensuite par de nombreux DJ.
Comme cette pièce fut éditée sur le vinyle A travail égal salaire égal dans sa version live et sur le cd Machiavel dans sa version originale électro-acoustique, je vais chercher de ce pas quelque alternate take ou work in progress que j'utilisai parfois lors de mes folles improvisations. Il s'agit de montage en direct au bouton de pause sur radio-cassette, sans montage postérieur. Lorsque je rate, je reviens en arrière, j'efface et je recommence. Je dois lâcher la pause en anticipant ce que la station de radio va émettre... Jean-André Fieschi avait appelé cette forme artistique des radiophonies. Dix ans plus tard, lors des premières réceptions satellite, pour le spectacle Zappeurs-Pompiers (in Qui vive ?), je fis de même avec la télévision, cette fois avec une télécommande, pour inventer un nouveau récit à partir du zapping tandis que mes camarades jouaient en direct la musique du film, que les danseurs et les clowns traversaient l'écran...


Voici donc un machin complètement inédit (voire inachevé) qui date encore d'il y a plus de trente ans, 1976 pour être précis ici, à croire qu'il ne s'est rien passé pour moi ensuite. C'est seulement que je préfère remonter aux sources, et que celles de la musique me renvoient à la fin des années 60 jusqu'au début des années 90, m'étant plus passionné ensuite pour les formes interactives et audiovisuelles. En écoutant le premier mouvement de mon Elfes' Symphonie, on comprendra aisément mon attachement aux Histoire(s) du cinéma de Godard, à Jean Cocteau et à Jacques Lacan !

lundi 23 juin 2008

bad vs dab



Depuis l'invention des droits d'auteur, belle exception française censée protéger les œuvres du "Capital" dont il est question dans ton billet, d'autres licences sont apparues sous l'influence d'Internet et du numérique. D'abord Copyleft, puis Creative Commons. Ces deux licences s'inspirent des logiciels libres pour les appliquer aux créations sur Internet et aux œuvres d'art en général. L'une et l'autre respectent les droits d'auteur tout en les reformulant. Quand je colle des sons ou des images dans mes travaux personnels, ce qui est le cas pour tchatchhh, je pratique le Creative Commons ou le Copyleft car je cite toujours mes sources. Les droits d'auteur sont à mon sens complètement obsolètes aujourd'hui et la plupart des créateurs préfèrent, comme tu l'as souligné, que leurs productions circulent. Il y a pas mal d'initiatives qui favorisent la circulation sans pour autant être sous licence; je pense notamment aux lybers, déjà évoqués dans mon blog, qui proposent une version papier payante et une version identique et gratuite sur Internet. Nombre de labels musicaux font de même avec les formats mp3.

Illustration : http://www.flickr.com/photos/brennheitbakst/2063516384/
Christian Marclay n'a jamais été condamné par la justice pour sa pratique du sampling musical mais pour la création d'une pochette de l'album Dab. En effet, l'image représentait Michael Jackson avec des seins et un sexe de femme. Le disque a été retiré de la vente.

Intermède légal


Les étudiants me demandent souvent ce que l'on a le droit de faire sur un site en termes de droits d'auteur. Je réponds que tout est protégé, que la durée minimum légale est un mythe en matière de musique. Vous ne pouvez utiliser le moindre centième de seconde (donc non plus aucun "sample") sans l'autorisation des auteurs et le paiement des droits afférents aux sociétés qui gèrent leurs droits, en l'occurrence, pour la musique, la Sacem. Tant que votre utilisation ne rapporte pas un sou, vous ne risquez pas grand chose. Les projets scolaires deviendraient impossibles à réaliser si les étudiants devaient payer des droits pour l'utilisation de musique du répertoire dans leurs travaux. On appelle répertoire le catalogue géré par la Sacem. En sont exclus le domaine public (70 ans plus les années de guerre, les musiques traditionnelles...), les œuvres de compositeurs qui ont préféré ne pas déléguer de société pour la gestion de leurs droits... Mais à partir du moment où un compositeur a signé une délégation à la Sacem, il n'est plus censé déroger à ce contrat.
Si votre utilisation de musique rapporte des dividendes, vous pouvez alors vous inquiéter, car la Sacem est diablement efficace. Je ne peux pas m'en plaindre, j'ai acheté ma maison grâce à mes droits d'auteur. Depuis Beaumarchais, les sociétés en question protègent les œuvres de l'esprit. Il faut bien que les auteurs mangent aussi. J'ai pris l'habitude de défendre ces sociétés (qui nous appartiennent) à l'extérieur et à les attaquer de l'intérieur. Ainsi, à la Sacem, avons-nous pu faire passer l'improvisation jazz, la signature collective et le dépôt sur support enregistré. Un site qui décide de diffuser de la musique, même si c'est celle du compositeur dont c'est le site, doit légalement lui régler une somme mensuelle. Peu le font. C'est toujours une question de rentabilité. Un jour, son actuel directeur adjoint me confia : "à la Sacem, on ne dépense pas des francs pour toucher des sous". Avec l'accroissement considérable d'adhérents ces dernières années, cet adage explique pourquoi il est difficile de toucher ses sous lorsque l'on en rapporte peu. Il faut souvent râler en écrivant au Département de la perception.
La Sacem a deux fonctions, la protection et la perception. Elle protège des abus comme les plagiats, l'utilisation frauduleuse, etc. et elle perçoit des sommes qu'elles doit reverser, minorées d'environ 18% pour frais de fonctionnement. Si un compositeur a une pièce sur un disque, la SDRM (Société de Reproduction des Droits mécaniques) s'occupe automatiquement de percevoir et distribuer ce qui revient aux ayant-droits. Les passages à la télévision sont également bien surveillés et les droits automatiquement distribués. C'est beaucoup plus agréable que d'avoir à négocier soi-même avec le service juridique de la boîte qui essaie de vous escroquer. Les dizaines de musiques que j'ai composées pour le multimédia (CD-Roms, Internet, installations...) ne m'ont jamais rapporté un rond, faute d'un accord décent entre les producteurs et les sociétés censées nous défendre. Faute d'accord systématique, je me suis souvent crêpé le chignon avec des individus de mauvaise foi ou des mauvais payeurs. Mais il n'y a pas que la Sacem : par exemple, de la Scam dépendent les documentaires, les créations radiophoniques, certaines œuvres multimédia ; de la Sacd, dépendent les œuvres dramatiques, fictions, opéras, chorégraphies, d'autres œuvres multimédia, etc.
Sur mon blog, il m'arrive de renvoyer vers YouTube, mais je n'ai jamais placé une œuvre musicale qui ne soit pas de moi. Je préfère renvoyer vers Deezer qui a passé un accord avec la Sacem, accord qui me chiffonne néanmoins. Pourtant, j'apprécie grandement ce matin de découvrir Koichi Makigami et Ryoji Hojito... De même, je place autant que possible des photographies que j'ai prises pour illustrer mes billets et sinon je précise le nom des auteurs. Je pense qu'aujourd'hui il est plus urgent de défendre la circulation avant la protection, sans négliger celle-ci pour autant et en rendant à César ce qui lui appartient.
Si la nouvelle loi sur le piratage est honteuse et injuste, elle est en plus dangereuse et inapplicable sérieusement. Certains boucs-émissaires risquent d'en faire les frais dans un premier temps. Cette loi ignominieuse va surtout permettre de fliquer les échanges sur Internet et grossir les fichiers des Renseignements généraux. Les trois sociétés d'auteurs et les responsables politiques se sont laissés influencer par les industriels au lieu de penser à la défense réelle de leurs adhérents pour les premières, des citoyens pour les seconds. Les sociétés d'interprètes (Spedidam et Adami) se sont battues contre, proposant la licence globale pour éviter le massacre, mais elles n'ont pas eu gain de cause, sauf auprès des industriels qui ont perverti la proposition en passant des accords avec les sociétés d'auteurs ou entre elles pour instituer, sur le dos des auteurs, des abonnements qui permettent de télécharger des chansons forfaitairement. Ces accords se passent évidemment sur le dos des auteurs et des compositeurs dont les œuvres les plus hirsutes pouvaient jouir d'aides au travers des services d'action culturelle des sociétés d'auteurs grâce à la loi sur la copie privée que les industriels tentent de dézinguer depuis belle lurette et qui est mise à mal par les nouvelles dispositions. Les subventions en question permetent de rétablir les injustices des statuts. Enfin, tout cela est bien absurde et mériterait une mise à plat juste qui prenne compte des modifications d'usage de notre société et du profit engendré par les nouveaux acteurs profitant des nouvelles technologies (fabricants de matériel, fournisseurs d'accès, par exemple). Nous avons à faire à un glissement de pouvoir, mais ce sont toujours les mêmes qui régissent le marché. Le Capital est très fort, dans son cynisme et sa rapacité.

dimanche 22 juin 2008

hi ! taaaaaa hi ta hi ta hi ta hi tiiiiiiii hi tatatata hi tatatata hi !



Parole à Makigami Koichi :



Language always crumbles - 13'21'' - Koichi Makigami & Ryoji Hojito, over that way. Enregistrement live.

Illustration : http://www.flickr.com/photos/sonicbeet/1049099993/

samedi 21 juin 2008

Le poil et la plume


Probablement pour m'échapper de mes autres activités, je mets rarement de son sur mon blog. L'écoute de Put Put m'a fasciné et me donne envie de vous faire écouter cette improvisation de 1987 réalisée par Un Drame Musical Instantané pour le cd L'hallali avec le chanteur Franck Royon Le Mée.
À notre premier rendez-vous, Franck porte son caractéristique costume de clergyman et des lentilles de contact en miroir où nos trois figures amusées se réfléchissent. Royaliste, il ne travaillait jamais le 21 janvier, jour de la mort du roi, qu'il appelait une journée blanche. Cela tranchait avec le rouge de nos convictions. Il avait trois octaves et demie de tessiture, du baryton au haute-contre, remplaçait des stars de la chanson sur une syllabe défaillante, avait côtoyé les Mothers of Invention, monté un spectacle sur le martyre de Saint-Sébastien en s'accompagnant d'un orgue positif, dirigeait des spectacles collaboratifs avec plus de 600 exécutants. À Garnier, il jouait le rôle d'une femme en hauts talons dans l'opéra de Luciano Berio, La Vera Storia, aux côtés de Milva, d'après Italo Calvino...
Le poil et la plume fut enregistré lors de nos premiers essais en vue de monter Les Météores de Michel Tournier avec Franck dans le rôle du Dandy des Gadoues. Bien que l'écrivain nous donna l'autorisation, nous ne trouvâmes jamais les crédits suffisants, mais nous créâmes plus tard Le Château des Carpathes d'après Jules Verne avec un énorme feu d'artifice en guise de décor et enregistrâmes Comedia dell'amore 121 sur le cd Opération Blow Up en 1992. Franck mêle la virtuosité vocale à un sens dramatique exceptionnel, plus des facultés d'improvisation hors normes. Hélas le Sida l'emporta l'année suivante. Nous n'avons jamais retrouvé un chanteur aussi à l'aise et en harmonie avec nos élucubrations. Un régal !

Dans cet extrait, la partition de Franck ressemble plutôt à du sprechgesang. Francis est toujours à la guitare, Bernard à la trompette à anche et je m'occupe des synthés.

vendredi 20 juin 2008

put put fait mon computer



Parole à Joël Hubaut :



http://www.ubu.com/sound/hubaut.html

Saignant


Framboise qui a bu notre débit de corps ès bombance me dit que mes rillettes ressemblent au sel que je saupoudre quotidiennement depuis trois zans sur mon propre grog. Elle les trouve terre à terre et elle a deux fois raisin. Du blanc comme du rouge, même s'ils sont encore verts, question de saison. Pourquoi cuisinerais-je autrement ? Au pire, ces similitudes produiront des renvois.
Aujourd'hui je me suis donc forcé à ne pas réfléchir pour chercher un morceau de musique qui répondrait à ton dernier. Et voilà ce qui est sorti du congélo, une pièce inédite de fin 1981 publiée sur le vinyle Dix-huit Surprises pour Noël, compilation autogérée par ses participants à l'initiative d'Hector Zazou. Le Drame, toujours aussi contrariant et énervé par la promiscuité supposée lénifiante du sujet, décida donc de mettre en sons la fête du petit commerce dans une boucherie comme les autres.

Nous étions en pleine période anti-chasse et la vulgarité de la scène n'aura échappé à personne.
Au dos de la pochette, on peut lire :
UN DRAME MUSICAL INSTANTANÉ : PAS DE CADEAU - 2mn20. Jean-Jacques Birgé : synthétiseur, percussion, boucherie. Bernard Vitet : accordéon, trompette, boucherie. Francis Gorgé : guitare électrique, boucherie. Chaque pièce que nous composons est le fruit d'un débat entre nous qui devient ensuite le modèle de la relation que nous entretiendrons avec le public...
Le disque «De Qualité » 251281 fut tiré à 1000 exemplaires tous numérotés, libre à chaque compositeur de personnaliser ses pochettes immaculées. Trempant ma main droite dans une poisse sanguinolente, j'apposai mes empreintes sur tous les exemplaires du drame.

jeudi 19 juin 2008

la gastronomie comme happening



En voulant rompre avec le milieu de l'art, Daniel Spoerri créa en 1968 le vrai Restaurant Spoerri à Düsseldorf. Chaque visiteur avait la liberté de percevoir l'endroit comme un restaurant ou comme un lieu de happening permanent. Parmi les trois menus affichés, le "menu exotique" proposait des plats considérés comme des dérives alimentaires :
l'omelette aux fourmis grillées, le ragoût de python, le steak de trompe d'éléphant, les fœtus de poussin ou encore les pattes d'ours. Ce dernier plat est très réputé dans la gastronomie chinoise cf. Le festin chinois de Tsui Hark.
Entre autres happenings, le Dîner cannibale, préparé par Claude et François-Xavier Lalanne en 1970, s'inspire du corps de l'artiste :
cocktail au sang, doigts bouillis, phallus délicieux, pain de pied, beurre d'oreille et tête farcie de François-Xavier Lalanne coupée en deux par Daniel Spoerri.

Le restaurant se révélait pour ses clients parfois comme un processus artistique parfois comme un restaurant ordinaire.
Parmi les pièces les plus connues, le Banquet des riches et des pauvres consistait à tirer au sort le rôle de chaque participant et du coup le contenu des assiettes, soit du caviar soit des pois chiches.
La gastronomie est un sujet riche qui en dit long sur les us et coutumes. Spoerri l'a déclinée à toutes les sauces !
Illustration : une image extraite de la vidéo performance de Benoît Le Guein, étudiant aux Beaux-Arts de Quimper où j'enseigne, et que l'on peut retrouver sur son blog chipsaucaramel.

You are what you eat


Chère Karine,

ton billet sur la nourriture répondrait-il à la curiosité évoquée à la fin du mien sur le besoin de regarder ? Dans ce cas, c'est bien vu ! J'ai souvent raconté la devise de ma famille : "Manger avec quelqu'un qui n'a pas d'appétit, c'est discuter beaux-arts avec un abruti." Dans la semaine qui a précédé la mort de mon grand-père, il ne s'alimentait plus. Comme on l'incitait à manger, il répondit qu'il s'était délecté à midi d'un homard à la crème au restaurant de la Tour Eiffel. Même sous perfusion, il continuait à bouffer. Il disait aussi que "c'est lorsque l'on n'a plus faim que cela devient intéressant, parce que ce n'est plus que par gourmandise".

Mes parents ont passé leur vie pour la cuisine et à en rêver. Je me souviens m'être vanté auprès de mes copains de classe de ne jamais manger deux fois la même chose au cours d'un mois. Ma soeur cuisine très bien. Ma mère a arrêté à la mort de mon père. Il nous avait promis de nous emmener au Bistro 121 manger des truffes sous la cendre quand le Général De Gaulle mourrait. Quelle ne fut pas ma joie quand je l'appris pendant un cours au lycée ! J'ai repris le flambeau, mais je ne suis jamais aucune recette. J'improvise. Je fais avec ce que j'ai sous la main. Les soupes asiatiques sont une de mes spécialités, j'ai comparé leur composition avec l'improvisation musicale. Jamais deux fois la même. J'aime aussi essayer des recettes avec les aubergines... J'ai inventé une manière originale de cuire les œufs au micro-ondes, un peu comme des œufs en ramequin avec crème fraîche et fromage râpé. Ma fille prétend que mon pâté est aussi bon que du foie gras. C'est gentil. Comme pour beaucoup d'autres choses, je cherche à réaliser des trucs rapides qui font beaucoup d'effet. C'est dans les expériences exotiques que je m'amuse le plus. Possédant une trentaine de piments différents, j'adore ce qui est épicé. Sont-ce les restes de mes expériences hallucinogènes de jeune homme ? Je mange la viande bleue et regarde avec méfiance les amateurs d'autres cuissons qui sont pourtant légion autour de moi. Les sushis me font carrément délirer. À Paris, c'est chez Koba rue de la Michaudière que je m'en gave à m'en faire péter la sous-ventrière. Suis-je aussi gourmet que gourmand ? J'en doute.

Au restaurant je ne peux discuter ni penser à rien avant d'avoir passé la commande. J'y suis bien alors que j'ai beaucoup de mal à entrer dans un débit de boissons. Ma cave est correcte, mais elle ne me permet plus de conserver longtemps les bouteilles. Là aussi, je cherche toujours des goûts nouveaux, des vins qui sortent de l'ordinaire. Je n'ai par contre aucune attirance pour le champagne. Je bois peu de blanc qui a tendance à me coller des crampes dans les mollets lorsque je suis endormi. Le vin me fait dormir si j'en bois à midi, il m'en empêche quand j'en consomme le soir. Si je voyage, j'aime manger comme les indigènes. Je recherche l'authenticité. D'accord avec l'adage qui donne le titre à ton billet d'hier soir, ma curiosité n'a pas de bornes. J'ai raconté ici la longue liste des étranges bestioles dont j'ai goûté la viande. j'ai composé un hymne à la tomate et ailleurs évoqué l'avocat et mon principal livre de cuisine. Un de mes billets les plus lus est celui sur la soupe miso, c'est pourtant simple. Même si ce ne sont pas ceux que je préfère, les articles de vie pratique sur mon blog quotidien sont d'ailleurs les plus populaires. Je souhaiterais plus de fréquentation sur les mouvements d'humeur. La gastronomie, c'est pour les papilles. Il faudra du temps avant que cela passe par le Réseau.
Voilà, ce sont juste quelques pistes pour te faire une idée sur qui je suis. Je débarrasse vite pour passer à la suite.

Légendes des photos
mercredi : The Golden Triangle / Chang Rai / photo JJB / 2008
jeudi : Chenilles grillées (Mapati Worms) / Johannesburg / photo JJB / 2008

mercredi 18 juin 2008

dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es



Quelques mets choisis dans la revue Papilles n°21, "Le Livre des Singularités - Sixième objet (1ère partie) - De la gastronomie", Gabriel Peignot Philomneste :

Principes généraux
Un vrai gastronome, celui qui projette un dîner digne de sa réputation, doit écrire les billets d'invitation le matin à jeun, avec tout le calme du sang-froid et toute la maturité de la réflexion.
Rappelez-vous sans cesse que convier quelqu'un, c'est vous charger de son bonheur pendant tout le temps qu'il sera sous votre toit.
Un gastronome doit connaître la force de sa denture et de sa mâchoire, comme un ouvrier doit connaître ses outils.
Un vrai gastronome n'entamera jamais une conversation avant la fin du premier service; jusque-là le dîner est une affaire sérieuse dont il serait imprudent de distraire l'assemblée.
Dans un dîner bien composé, toute phrase commencée doit être suspendue à l'arrivée d'une dinde aux truffes.

De quelques comestibles
Les huitres sont les meilleures troupes légères que vous puissiez mettre en avant pour engager le combat gastronomique ; mais il faut les arroser sans relâche d'un excellent vin blanc.
Le gigot doit être attendu comme un premier rendez-vous d'amour, mortifié comme un menteur pris sur le fait, doré comme une jeune allemande et sanglant comme un caraïbe.
Un dessert sans fromage est une belle à qui il manque un œil.
Une cave sans champagne est une montre sans aiguille.

Illustration : boulettes de riz vinaigré agrémentées de prune séchée et d'algue nori à l'occasion d'un pique-nique dans le TGV.

Voir sans être vu


Serions-nous tous des voyeurs ? Le sublime film de Michael Powell, The Peeping-Tom, en français Le voyeur, renvoie à ce qu'est fondamentalement le cinéma. Les acteurs ne s'y exposent pas comme au théâtre. Monter en scène, entrer en piste, sont des épreuves autrement plus terribles, même si les projecteurs nous empêchent souvent de voir le public. En retour, mon regard de spectateur me gêne pour ceux que j'imagine se sentir démasquer, déshabiller, passer aux rayons X de ma longue observation. J'en ai d'autant plus le temps que je m'ennuie au théâtre et que je prends souvent des notes pendant les concerts, des idées qui me passent par la tête, j'y travaille, souvent. De plus, j'emporte de petites jumelles avec lesquelles je recompose les plans, je m'approche des visages, je fais du montage en direct, je coupe, je zappe, je glisse... Au cinéma, c'est différent. Il m'absorbe. Je ne pense à rien d'autre. Mes réflexions sont en corrélation avec ce qui se trame sur l'écran. Je me laisse porter. C'est même la seule activité, avec la lecture si je ne suis pas trop fatigué, qui me permet de me déconnecter, d'arrêter de travailler surtout.
Dans la vie quotidienne, lorsque je deviens voyeur, je me comporte encore comme si j'étais au cinéma. Je peux rester des heures à une fenêtre si l'activité bat son plein en dessous, dans la rue. Combien d'heures ai-je passé, jeune adolescent, à espérer qu'une femme se dénude dans les immeubles en face ? Combien de jours ai-je passé à regarder les couples se faire et se défaire lorsque j'habitais au-dessus de la station de métro Père Lachaise ? Combien d'années ai-je porté des lunettes noires dans les rames pour voir sans être vu ? Face aux verres fumés, les passagers détournaient leur regard, laissant le champ libre à mon exploration. Dans la nature, devant l'horizon, au-dessus des nuages, dans un bois, c'est encore le voyeur qui s'exprime dans l'attente qu'un animal se montre, qu'une fleur se referme, qu'un nuage évoque une nouvelle forme... Si j'ai fini par me montrer à visage découvert, à signer de mon nom, à publier mon journal intime au jour le jour, digressant lors de mes conférences, provoquant en toute impudeur, est-ce pour me dédouaner de la curiosité, vice ou vertu ?

mardi 17 juin 2008

voile capote



Derrière le voile, il y a la possibilité de voir et de ne pas être vue. Ce vêtement ne sert pas uniquement à cacher les attributs féminins et peut se transformer en arme redoutable. L'image de ce billet est extraite de la vidéo Abou Kalthoum de Victor Marzouk performeur King franco-tunisien. Cette vidéo a été présentée dans le cadre de l'exposition-rencontre Des Féminités en question organisée par La plateforme. J'ai moi-même participé à cette exposition en proposant une pièce sonore qui tentait de brouiller au maximum mon identité. Le voile capote que j'ai arboré le jour de mon mariage était un lien direct aux femmes voilées. Je voulais d'ailleurs un voile beaucoup plus efficace mais la créatrice avec qui j'ai conçu l'habit m'en a dissuadé.

Un pour tous, tous pour Un


Je remonte ton billet de bas en haut comme on dit "V'là le diable !" en passant la main à plat sur la figure du marmot en alternance avec "V'là le bon dieu !" où l'on frotte dans le sens inverse. La remontée arrache le nez tandis que la descente sent presque la caresse. Métaphore initiatique des aller et retours que la vie nous réserve.
Sous son épitaphe gravée sur sa tombe rouennaise, "D’ailleurs, c'est toujours les autres qui meurent", Marcel Duchamp doit se marrer en regardant tous les "artistes" qui se réclament de sa succession. S'il n'avait qu'un seul visage, il avancerait masqué pour jouir de sa bonne farce aux iconoclastes qui se croient aujourd'hui tout permis puisque le maître a ouvert la porte au tout, mais justement pas au n'importe quoi. Ses prétendus héritiers me rappellent les lacaniens ou les godardiens. La catastrophe est-elle un dénouement ? Je crains que ce soit plutôt un sac de noeuds !
Duchamp, Man Ray, Picabia, une sacrée bande de chenapans qui se fait rare. Nos aventures sont trop solitaires. Qu'est devenu l'esprit d'équipe ? Les supporters beuglant propos sexistes et nationalistes devant le poste, ah ça non ! J'ai repensé au collectif de pieds nickelés que nous formions avec Francis Gorgé et Bernard Vitet lorsque nous fondâmes Un Drame Musical Instantané en 1976. Dans une BD publiée alors pour et dans Libération, Francis s'était dessiné en Croquignol, Bernard en Ribouldingue et moi en Filochard.
L'idée était simple. En réglant la question de la signature et du fric, on réduisait les raisons de s'engueuler de 95%. Il restait la confrontation des idées politiques et certains détails techniques somme toute insignifiants. Nous avions décidé de tout cosigner quelle que soit la part de création de chacun et de partager les revenus en trois parts égales. Un Drame Musical Instantané se substitua à nos trois noms propres, manière de revendiquer l'anonymat en assumant de composer ensemble, pratique très peu usitée à cette époque reculée où les utopies pullulaient encore comme des champignons. La plupart de nos camarades estimaient qu'il était impensable d'écrire de la musique à plusieurs et ne comprirent que beaucoup plus tard de quoi il retournait. Quelques uns du moins. La collaboration qui avait commencé pour Francis et moi en 1969 ira jusqu'en 1992 et celle avec Bernard fonctionne toujours, même si ses problèmes dentaires lui interdisent de souffler désormais dans sa trompette. De temps en temps, nous nous contentons de composer ensemble quelque pièce d'orchestre, mais le Drame n'a plus de raison d'être. Trente deux ans d'entente mutuelle, c'est enviable !
Nous nous intéressions à l'objet et non à nos trois sujets. C'était la base de tout notre travail et le secret de notre entreprise. Nous pouvions nous chamailler toute la journée sur le travail en cours, mais nous tombions finalement d'accord, car l'œuvre faisait la loi. Nos egos ne nous intéressaient pas, seule la fiction nous fascinait. Voilà pour le "Drame" puisque l'unicité était déjà donnée par le titre du billet. Les autres termes de notre patronyme feront peut-être l'objet d'un prochain billet. Allez savoir...

Légendes des photos
samedi : installation de nabaz'mob / debalie / Amsterdam / photo Françoise Romand / 2007
lundi : restes de la présence française / Done Khone / Laos / photo JJB / 2008
mardi : Un d.m.i. sur la Péniche-Opéra / 20 000 lieues sous les mers / photo Philippe Monteillet / 1988

lundi 16 juin 2008

surexposition



Cher Jean-Jacques,
l'anonymat peut être une force. C'est ainsi que nous l'avions envisagé en concevant Rencontre Service. Dégagées des déterminismes sociaux, les personnes qui s'inscrivent au catalogue jouent avec leur identité et s'inventent des personnages. Une manière d'injecter à la réalité un peu de fiction et beaucoup d'amusement. Je tiens à cette liberté. Pour ma part, je me suis souvent cachée derrière ce que je faisais car je préfère mettre en avant mes activités. C'est l'expérience générée qui m'importe, inventer des espaces de liberté entre les systèmes. Cela dit, Internet surfe aussi sur la vague des identités multiples. Facebook et les autres ne font qu'exacerber ce qu'Internet porte depuis le début. Les identités multiples sont aujourd'hui une précieuse possession et un puissant outil de marketing. Plus on possède d'avatars plus on est riche ;) !
L'image et le titre de ce billet sont inspirés de l'exposition Surexposition: Duchamp, Man Ray, Picabia - Sexe, Humour et Flamenco imaginée par Jean-Hubert Martin. L'art est souvent sur-exposé et ses auteurs avec. Avec cette exposition, qui a eu lieu au Passage de Retz à Paris, Jean-Hubert Martin nous offre le plaisir de (re)voir des pièces (la plupart ne sont pas des œuvres) qui mettent en jeu les trois compères. Le jeu, car c'est vraiment de cela dont il s'agit, est omniprésent. L'image collée ici fait partie de cette collection et représente Marcel Duchamp couvert de savon à barbe photographié par Man Ray. Marcel Duchamp s'est beaucoup amusé à se jouer de l'art et des artistes en revêtant de multiples visages.
Au plaisir du prochain billet,
bises.

Le son et l'image


Chère Karine,
en t'envoyant la photo de ma pomme (bloggant), parce que j'aime bien savoir qui parle ou intervient lorsque je lis des blogs, des articles, des livres, et la chanson Radio Silence du disque Carton (1997) enregistrée avec ma voix pour qu'on mette un son sur ce corps et ce visage, j'ajoutai que l'anonymat est un paramètre que j'apprécie peu sur le Net.
Je cherche la transparence, le politiquement incorrect s'il le faut, pour faire sortir les cadavres des placards autant que possible... Il est nécessaire d'avoir le courage de ses actes comme de ses positions intellectuelles ou morales. Certains y verront peut-être du nombrilisme, il y en a, mais ce n'est pas le sujet, derrière il y a l'objet et c'est ce qui compte. Le verbe fait le joint. Dans mes billets, alternent systématiquement ces trois paramètres qui font syntaxe. Polymorphe, multimédia, pluraliste, je ne vis(e) que le changement d'angle, d'autres manières de voir et d'écouter...
La porte qui s'ouvre sur la jungle représente un rêve d'enfant, parce que je ne me vois pas autrement et qu'aucun son ne me fait plus d'effet que ceux des autres espèces.
Bises,
Jean-Jacques

samedi 14 juin 2008

conversation avec Jean-Jacques Birgé du lundi 16 juin au dimanche 29 juin

En guise de présentation Jean-Jacques Birgé m'a donné une image et un son :



vendredi 13 juin 2008

Amitié et plus si affinités

les années 90

jeudi 12 juin 2008

T'en veux une aile ?

intertitre