Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

mercredi 23 juin 2010

comment vivre ensemble ?

Je ne refuse pas la pluralité des mondes. Je n'ai d'ailleurs jamais écrit cela.

L'épiphyte ne peut pas être complètement autonome. Tu oublies le support nécessaire à son implantation à partir duquel il développe l'éco-système. Et c'est précisément ce qui est intéressant : ni autonome, ni dépendant.
L'épiphyte n'est pas "en dehors" mais fabrique à partir de l'existant qu'il modifie et enrichie pour reprendre les termes des premières lignes de ma proposition.
Le support peut ensuite se faner, il n'emportera pas l'épiphyte avec lui, ce qui le différencie du parasite.
Par contre, pour assurer sa survie, l'épiphyte doit former des alliances avec les éléments de l'environnement, ce que les botanistes appellent la persistance. Mais les échanges avec l'écosystème sont bien permanents.

Je n'ai jamais dit également que je voulais changer le monde hôte, car l'hôte est le support qui n'est finalement que l'accroche au phénomène, un terreau qui n'a ensuite qu'une fonction mineure.
Aussi, je reconnais bien évidemment le pouvoir de l'autre, un pouvoir oppressant qui motive des actions et des résistances. Ne pas le reconnaître serait naïf et illusoire.
La proposition du "revenu de vie garanti", bien que très intéressante, n'est pas épiphytique car c'est une proposition identifiée. Or, l'épiphyte avance masqué.
Toute proposition ne peut pas ainsi relever d'une tactique épiphytique même s'il y a des frottements.
Je dirais qu'il faudrait réaliser des moments épiphytiques et l'expérimenter avant de mettre tous les mondes plausibles et possibles dans la boîte.

mardi 22 juin 2010

résistancialisme

Pour ma ma part, je ne vois pas comment quelque chose peut être à la fois un outil et un mode opératoire. A force de surcharger le mot outil de significations on risque de le casser ou du moins à lui faire perdre sa spécificité (si tout est outil, plus rien ne l'est). Mais laissons cela de côté pour l'instant, et parlons comme tu le suggères de moyens sans fins.

Je te suis quand tu dis que l'épiphyte n'est pas un monde, ni une tactique pour nous libérer du monde dominant. Il s'agit, plutôt, de se servir de l'excédent généré par le hôte, pour survivre. Alors que le parasite abuse de la puissance excédentaire de son hôte, soit délibérément "pour nuire" soit "par nature", l'épiphyte en profite tout simplement. C'est un mode opératoire qui me fait penser à Georges Bataille qui, dans La Part maudite, soutient que c'est l'usage que fait une société de son excédent qui définit sa culture. L'épiphytisme qui n'est pas pris en compte par les économistes conventionnels puisqu'il ne fait pas partie de l'économie restreinte ; mais il fait partie intégrante de l'économie générale de tout monde où il est pratiqué.

Or ce qui me surprend c'est que d'une part tu refuses la pluralité des mondes et d'autre part affirme ta volonté de générer des résistances à ce monde-ci, seul monde qu'il y aurait. L'épiphyte bien conçu et bien mis en oeuvre, n'est-il pas un mode d'autonomisation du monde-hôte? Et en s'en autonomisant, ne finit-on pas faire émerger un autre... monde justement? Je ne vois pas pourquoi tout ce qu'il y a, tout ce qu'il peut y avoir serait LE monde, comme s'il n'y avait rien en dehors de ce qu'on appelle le monde -- des mondes-épiphytes potentiellement? Plus crucial, à mes yeux, est ceci: vivre en épiphyte me semble une façon d'exister dans la plus souveraine indifférence envers le monde hôte? Une façon de se donner le temps, le loisir de penser, de vivre -- et non seulement de survivre -- indépendemment du monde dominant, sans être assujetti à sa temporalité, etc. (En ce sens, dans notre société hautement productive ne peut-on définir la revendication du "revenu de vie garanti" initialement proposé par Thomas Paine au moment de la Révolution, soutenu aujourd'hui par toute une bande de hackers et slackers, comme une proposition épiphytique? http://appelpourlerevenudevie.org/) Dans ces conditions, la vie épiphytique devient tout autre chose qu'un mode de survivre au monde! Il devient un générateur de mondes autres qui, pourtant, ne sont autres que celui ici et maintenant. Mais "résister" c'est d'abord reconnaître le pouvoir de l'autre (afin de le transformer, mais toujours dans un deuxième temps, et toujours dans les termes, les temporalités définis par l'autre). Surtout, changer le monde hôte en résistant contre ses préceptes, c'est non seulement les reconnaître, c'est aussi subir les conséquences. L'intérêt de l'épiphyte n'est-il pas précisément de déplacer le lieu et le sens et les termes de la vie (et des idées etc) et non pas de "résister" à ceux qui sont toujours déjà prédéfinis?

lundi 21 juin 2010

modus operandi

Je déplace donc l'épiphyte sur ton terrain, dans ton monde plausible.
Projet qui propose d'autres mondes par rapport au monde de l'art dominant.
Or, les tactiques sur le mode épiphytique ne construisent pas de monde identifié.
Il n'y a pas la volonté de nous "libérer" d'un seul monde comme tu le décris dans ton texte mais plutôt d'y résister, ce qui pour moi n'est pas la même chose.
L'épiphyte est davantage lié à un modus operandi qu'à un modus vivendi car il n'est pas déterminé par une seule manière de vivre et surtout il n'est pas un modèle.
L'outil permet de réaliser son désir et non une tâche. Il n'est pas ce substitut, celui que les luddites ont détruit au début du XIXème siècle, mais une fabrique, un mode opératoire comme la tactique est un moyen.

dimanche 20 juin 2010

épiphyte -- un outil? ou un agencement?

On verra si l'on ne parvient pas, avant la fin de ce cycle lunaire qui circonscrit notre conversation, à esquisser une petite topographie des épiphytes en oeuvre, ou du moins à dresser une petite typologie d'épiphytes possibles !

Je suis surpris de te voir décrire l'épiphyte comme un "outil" -- un outil mouvant, un outil pour l'action, un outil au service de ceux qui veulent se l'approprier. N'est-ce pas plutôt un paradigme ? Ou un agencement (pour parler deleuzien) ? Tel que je le comprends, un outil est un instrument utlisé pour réaliser une tâche, qui s'use sans se détruire (sans se consommer) lors de cette réalisation. Ce qui n'est pas une définition possible de l'épiphyte -- ce n'est même pas du même registre, ce qui est la raison pour laquelle l'épiphyte n'est pas non plus une machine. Dans ma tête, l'épiphyte était plutôt un modus vivendi, une façon de vivre, un mode d'être, tout simplement. Un outil est toujours subordonné à une fin ; avec l'outil ne sommes nous pas forcément dans une logique instrumentale, quel que soit son usage ou mésusage ? Que l'épiphyte ne soit pas un outil n'empêche personne d'"épiphyter" tactiquement. Tu m'excuseras ce néologisme, il me semble que la langue française, qui nous autorise à parasiter en toute impunité grammaticale, devrait s'enrichir de ce verbe, qui viendra logiquement s'épiphyter sur le corps de la langue "tout en le complexifiant et l'enrichissant."

l'épiphyte - repères

J'ai fait cette proposition à partir d'une expérience personnelle toujours à l'œuvre.
A partir d'une situation qui ne me convenait pas, en l'occurrence dans l'institution artistique, j'ai fait en sorte que cette situation se modifie en ma faveur, sans pour autant l'imposer et donc la révéler, sans quoi elle aurait été immédiatement reprise pour le compte de la situation initiale.
Je vais donc te décevoir, mais précisément, du fait de ce modus vivendi, je ne peux pas "topographier" les moments épiphytes.
Par contre, l'épiphyte est un outil au service de qui veut se l'approprier, en art ou ailleurs. Non seulement un outil de réflexion dont on se saisirait collectivement, mais aussi un outil pour l'action.

Le Nouvel esprit du capitalisme de Chiapello et Boltanski, livre écrit en 1999, lu pour ma part en 2000, a démontré que les critiques artiste et sociale, ont été depuis les années 70 systématiquement déjouées et intégrées par le capitalisme, toute tentative critique étant ainsi absorbée. A la critique artiste dénonçant un système oppressif, demandant plus de libertés (mai 68), le capitalisme a effectivement répondu en faveur d'une plus grande autonomie mais en transformant le contrôle par l'auto-contrôle et en développant un capitalisme désormais organisé selon un principe connexionniste.
Internet est non seulement devenu un des outils communicationnels privilégiés, mais aussi un modèle architectural appliqué à l'organisation de la société où la mobilité, la flexibilité, l'autonomie et la créativité sont les nouveaux diktats.

Je ne tiens pas à la discrétion ou à être en marge, underground qui tôt ou tard est récupéré par le courant dominant. Je ne tiens pas non plus à être au devant de la scène et ne brigue d'ailleurs aucune sorte de pouvoir. Il m'est donc nécessaire d'imaginer une tactique que j'utilise pour mon propre compte mais qui puisse être également perçue et réinvestie par d'autres en vue de générer des résistances suffisamment efficientes.

Contrairement au travail de Jean-Baptiste Farkas, qui m'intéresse beaucoup, mais qui mène, avec ses modes d'emploi pour passer à l'acte, des actions davantage parasitaires à mon sens, je ne propose pas de mode d'emploi à activer, mais un outil qui ne concerne que les protagonistes qui en feront usage.
Autrement dit, un outil mouvant, en redéfinition permanente selon le terrain, qui ne peut pas être fixé (et donc écrit comme avec le mode d'emploi).
En revanche, pour que cette proposition puisse faire partie du débat artistique, je souhaite la diffuser autant que possible avec les moyens qui commencent par cette conversation.

samedi 19 juin 2010

épiphytes

Parlons épiphytes si tu veux bien, puisque c'est autour de leur singulier, leur inspirant, leur exemplaire "mode de survie" -- pour reprendre ta formule -- que nous nous sommes rencontrés, quand tu as présenté ta proposition de "moments épiphytiques" dans le cadre de lecollege :

"En botanique, un épiphyte est un organisme vivant sur des plantes qui ne sont pour lui qu'un support indifférent. A l'inverse d'un parasite, l'épiphyte ne dépend pas de son hôte pour se nourrir, il fait usage d'un écosystème et le modifie pour ses propres besoins tout en le complexifiant et l'enrichissant. On déplacera ce mode de survie dans tous les lieux où il est opérant."

L'idée est plus que suggestive, car au-delà du phénomène (ou "épi-phénomène") botanique, c'est tout un mode de vie et de vivre ensemble qui est évoqué. Pouvons-nous vivre en épiphytes? Sommes-nous des épiphytes qui s'ignorent? Et -- puisque jamais deux questions sans trois, et puisque tes moments épiphytiques semblent oeuvrer dans la plus grande discrétion -- dans quels lieux s'est-il avéré jusqu'ici opérant de déplacer ce modus vivendi ?

vendredi 18 juin 2010

conversation avec Stephen Wright du samedi 19 juin au dimanche 18 juillet 2010



Stephen Wright est théoricien de l'art.
Un texte de Stephen Wright à télécharger en PDF : Mondes de l'art plausibles

lundi 1 mars 2010

(15)

(15) C'est un bulbe (il nécessite encore quelques efforts pour faire apparaître une tulipe) qui nous permettra de nous reformer dès que nous le souhaiterons.

dimanche 28 février 2010

(14)

(14) Pourrais-tu décrire l'image qui te vient à l'esprit au sujet de cette semaine conversationnelle ?

samedi 27 février 2010

(13 et 1/2)

"Le concept-clé est celui du saisissement ou du choc (ekplèxis) qu'engendrent les apparitions (phantasiai)." : il est tard !

vendredi 26 février 2010

(13)

(13) Seishi Yamaguchi

Un insecte remue
Des rides naissent
En nombre sur l'eau

(12)

(12) par « transformations de détail », je souligne qu’il n’est pas convenable de restreindre son champ d’action à d’infimes transformations de la situation en place (les éditions successives de La Force de l’Art = « un peu moins rouge », « un peu plus grand », « un peu plus social », …), il faut rompre, c’est une vision globale qui doit être transformée (pas « renouvelée, encore une fois »), — renoncer au public, à l’exposition, à l’objet d’art —, cela dit, je crois comprendre dans ta (11) que tu défends le micro événement, la frappe chirurgicale, modeste mais prégnante, et si c’est le cas, je te suis… « détail », dans ma (10) était synonyme de « renoncement », s'en tenir à…

jeudi 25 février 2010

(11)

(11) Avec quelles compétences est-il possible d'agir aujourd'hui et ne penses-tu pas que les détails, quand il y a sans relâche récidive, peuvent quand même transformer les choses à une échelle qui, de toute façon, restera modeste étant donné nos domaines d'action ?

(10)

(10) copié-collé-développé : je te fournis ici quelques précisions, « AUTEUR EN COLLECTIF » : c’est Jean-Claude Moineau qui m’avait indiqué cet excellent texte de Jean-Louis Weissberg /// « PROGRESSER SANS CROÎTRE » : l’expression me vient d’un texte fameux, « La décroissance », de Georgescu-Roegen, je cite souvent cette phrase pour rappeler qu’il faut armer d’un signe « moins » l’affirmation de Douglas Huebler, « Je ne veux rien ajouter à tout ce qui existe déjà. », pour obtenir mon credo : « BEAUCOUP PLUS DE MOINS ! » /// [...], « œuvrer sans produire d’œuvres d'art » : cette phrase n’est pas de moi, je dirais plutôt : « OPÉRER CONTRE PRÉSENTER », pour souligner qu’aujourd’hui l’exposition est, à mon sens, un format résolument obsolète, terriblement « bas de plafond », et qu’agir dans l’art avec les compétences de l’art n’a strictement plus aucun intérêt si l’on souhaite dépasser le stade des transformations de détail (s’adresser à la société dans son ensemble, a.k.a. : « distiller une éthique qui exhorte au danger ») /// « ne signer jamais seul » : j’aime l’idée !, mais la phrase n’est pas de moi ou semble dérivée de propos que j’ai pu tenir, où ça ? /// « ne pas exposer, même quand il participe à une exposition » : encore une interprétation que je trouve intéressante, sans savoir précisément à quoi la relier /// SANS IDENTITÉ D'ART : fondamental me semble être le fait de pouvoir s’accorder à tous moments la liberté de choisir s’il y a lieu d’agir « avec ou sans identité d’art », Jean-Claude, encore, qui, décidément, commençait ce 10e …

mercredi 24 février 2010

(9)

(9) copié-collé : « auteur en collectif », « progresser sans croître », [...], « œuvrer sans produire d’œuvres d'art », « ne signer jamais seul », « ne pas exposer, même quand il participe à une exposition » : un artiste sans identité d'art ?

(8)

(8) Temporaire !

(7)

(7) activité, bref, animation, court, autobiographie, échappé, croûte, éphémère, destin, errant, destinée, évadé, dynamisme, évanescent, entrain, fugace, existence, subsistance, survie, passager, vigueur, vitalité, vivacité, fuyard, rapide, temporaire ?

mardi 23 février 2010

(6.2)

(6.2) « [...] cette ville à travers laquelle je cours, pour effroyable qu'elle me paraisse et m'ait toujours paru, est décidément quand même la meilleure ville pour moi, cette Vienne que j'ai toujours haïe est quand même tout à coup de nouveau pour moi la meilleure, ma meilleure Vienne, et ces gens que j'ai toujours haïs et que je hais et que je haïrai toujours sont quand même les meilleurs pour moi, je les hais mais ils sont émouvants, je hais Vienne mais Vienne est quand même émouvante, je maudis ces gens mais je suis quand même forcé de les aimer, // MOUVEMENT (DEVENIR), voir « vie » et « fugitif » // je hais Vienne mais je suis quand même forcé de l'aimer, et je pensai, tandis que je courais déjà à travers le centre ville, cette ville est quand même ma ville et elle sera toujours ma ville, et ces gens sont mes gens et seront toujours mes gens, et je courais et courais et pensais que j'avais aussi échappé, entre autres choses épouvantables, à cet épouvantable prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse et que j'allais écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, quoi, je n'en savais rien, mais quelque chose là-dessus, tout simplement, et je courais et courais et pensai, je vais immédiatement écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, peu importe quoi, uniquement écrire quelque chose sur ce dîner artistique dans la Gentzgasse, mais immédiatement et sans délai, immédiatement, pensai-je, sans délai, pensai-je encore et encore tout en courant à travers le centre ville, immédiatement et sans délai et immédiatement et immédiatement, avant qu'il ne soit trop tard. »

(6)

(6) Thomas Bernhard

"[...] cette ville à travers laquelle je cours, pour effroyable qu'elle me paraisse et m'ait toujours paru, est décidément quand même la meilleure ville pour moi, cette Vienne que j'ai toujours haïe est quand même tout à coup de nouveau pour moi la meilleure, ma meilleure Vienne, et ces gens que j'ai toujours haïs et que je hais et que je haïrai toujours sont quand même les meilleurs pour moi, je les hais mais ils sont émouvants, je hais Vienne mais Vienne est quand même émouvante, je maudis ces gens mais je suis quand même forcé de les aimer, je hais Vienne mais je suis quand même forcé de l'aimer, et je pensai, tandis que je courais déjà à travers le centre ville, cette ville est quand même ma ville et elle sera toujours ma ville, et ces gens sont mes gens et seront toujours mes gens, et je courais et courais et pensais que j'avais aussi échappé, entre autres choses épouvantables, à cet épouvantable prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse et que j'allais écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, quoi, je n'en savais rien, mais quelque chose là-dessus, tout simplement, et je courais et courais et pensai, je vais immédiatement écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, peu importe quoi, uniquement écrire quelque chose sur ce dîner artistique dans la Gentzgasse, mais immédiatement et sans délai, immédiatement, pensai-je, sans délai, pensai-je encore et encore tout en courant à travers le centre ville, immédiatement et sans délai et immédiatement et immédiatement, avant qu'il ne soit trop tard."

(5)

(5) grrrr !, dans le contexte resserré qu’offre la littérature politique, ta réponse marquante me semble donner une résonnance particulière au débris suivant : « […] et, comme j’ai dit plus haut, ne pas s’écarter du bien, s’il le peut, mais savoir entrer dans le mal, s’il le faut. »