Tchatchhh est une conversation à deux. Elle emprunte la forme écrite mais peut s'entendre comme une parole qui se construit en même temps qu'elle se produit. Elle est percée de bruits, de commentaires laissés par les lecteurs et, d'un motif à l'autre, au fil des mots, des images et des sons, elle demeure ouverte, dépossédant en quelque sorte les protagonistes de leurs prérogatives de départ. L'un et l'autre s'impliquent dans la conversation en acceptant de ne pas maîtriser le cours des choses. La conversation n'appartient à aucun des deux, elle déploie des pensées sur le terrain de la réciprocité sans nécessairement parvenir à un accord final.
De 2008 à 2012, j'ai invité des personnes à faire l'expérience d'une conversation sans savoir par avance qu'elle en était la teneur.
Depuis le voyage Vermeer de Christine Lapostolle, auquel j'ai pris part du 8 juillet au 27 août 2012, les conversations ont désormais un objet commun formulé au début de chacune d'elles. Exposé aux détours et errances de l'échange, ce point de départ est à même d'emprunter d'autres chemins que l'on ne peut pas percevoir au commencement d'une conversation, par définition sujette aux variations.

dimanche 22 février 2009

une rencontre



La rencontre d'Alain Cavalier - 1996

Virilio/Depardon

Tes remarques sur l'exposition à la Fondation Cartier me font rebondir sur le travail documentaire de Depardon que j'admire beaucoup et qui m'a vraiment inspiré pour les vidéos que j'ai fait au Japon.






Japon été 2007

vendredi 20 février 2009

la route

Vue du bus, pèlerinage, éoliennes : Sans le titre, je pourrais croire à un malheur. Des gens qui fuient sur la route, on ne sait pas pourquoi. Cormac McCarthy a écrit une histoire d'un père et son fils qui avancent sur la route dans un monde dévasté.

Arjun Appadurai, anthropologue indo-américain, défend l'idée d'une ère postcoloniale où "l'imagination devient une force sociale" et où la construction identitaire ne dépendrait plus uniquement d'un territoire et de ses représentations culturelles du fait de la globalisation et des flux migratoires. Pour lui, il n'y a plus un dedans et un dehors de l'État-Nation, mais de nouveaux espaces identitaires déterritorialisés.
Ainsi, les migrants, constitués en divers groupes spatialement dispersés, sont liés grâce aux flux véhiculant les images et récits qui nourrissent leur "commun".
Le "travail mental quotidien des gens ordinaires" offre une résistance et est "[...] capable de critiquer l'ordre régnant tout en expérimentant de nouveaux styles de politique identitaire".

L'exposition Terre Natale à La Fondation Cartier présente au sous-sol trois dispositifs à la fois vides de sens et très instructifs.
Une vidéo montre Paul Virilio parler en 3 mn des migrations de masse des peuples les plus démunis, les dits "nomades", tandis que les sédentaires se déplacent en avion derrière leurs laptops et ne foulent que les aéroports, les gares, les non-lieux. Aux riches l'écran, aux pauvres le réel vraiment réel.
Suspendus au plafond, une myriade d'écrans Imac diffusent des images qui semblent connectées à Internet, des images d'actualité, de foules, de guerre, je ne sais plus... C'est jolie. C'est insupportable.
Autre salle, autre dispositif : la planète Terre en 3D tourne dans une salle 360° et délivre un texte au fur et à mesure de sa progression. J'ai l'impression de rentrer dans un cercle où l'on hypnotise les gens. Je ressors aussitôt.

De la science fiction se réalise.

jeudi 19 février 2009

Imagine...

que je me suis retrouvée dans un autre monde, un monde sans téléphone, sans msn, sans facebook, sans blog, etc. Et, imagine même, que j'ai trouvé ça agréable...
Imagine, que j'étais dans un espace temps différent, dans une journée 9h de bus cahotant, assortie d'une nuit peu reposante dans un train...les priorités changent...manger, dormir, profiter...
Donc, une expérience forcée proche de celle de Julie Morel, ça fait prendre un peu de recul...et c'est nécessaire.
En ce qui concerne, ta réflexion sur les blogs, je pense qu'après trois-quatre ans d'euphorie des blogs...ils se transforment, moins de lecteurs, moins de visibilité...Plus de contenu ?
Ta lassitude dépasse là ! C'est n'est plus le post seul qui a une importance, mais l'ensemble du blog comme entité qui a un intérêt.

Reprenons notre conversation de façon intense...
Une image de voyage que je pourrais titrer : Vue du bus, pèlerinage, éoliennes.



Qu'est ce cela pourras t'inspirer ?

dimanche 15 février 2009

l'attente, la déception, la frustration

Chère Anne,

13 jours entre mon dernier billet et le tien.
Chaque jour je retourne sur tchatchhh, cette interface commune que je partage pour un temps, et je fais l'expérience de l'attente.
Enfin, tu postes deux lignes d'un grand dénuement. Depuis l'Inde, sans accents.
J'étais prévenue. Tu es partie le 29 janvier et ce voyage allait interférer avec notre conversation.
Je mesure ma déception.
Cependant, ta réponse me donne l'occasion de répondre à Djamel Kokene.
J'ai eu, il y a peu de temps, une conversation avec Djamel au sujet de tchatchhh.
Djamel est artiste et un ami qui me livre sa pensée sans détours.
Cette conversation a débuté quand il a commencé à dire que tchatchhh n'était qu'un blog. J'insiste sur le caractère négatif. Or, si tchatchhh emprunte son dispositif au blog, il détourne son usage en recréant de l'expérience humaine et de la parole dans le contexte du web, c'est à dire avec le langage multimédia. Il part notamment d'une expérience de blogging classique que je pratique toujours mais que j'ai de plus en plus de mal à tenir par manque de désir certainement.
Le blog n'est que l'outil commun permettant l'hétérogénéité des sujets et des langages, mais il est nécessaire comme plateforme technique accessible et lisible. On peut dire que l'outil et sa pratique ont permis l'usage artistique que j'en fais aujourd'hui.
Je partage mon temps avec une personne; si éloignée soit elle, elle devient en réalité très proche car la conversation est présente au quotidien.
L'Inde est bien éloigné et heureusement que ça marche encore comme ça.
La déception fait partie de cette expérience.
Je ne pourrai cependant pas tenir indéfiniment ce monologue jusqu'au 28 février et d'ailleurs c'est toi qui dois avoir le dernier mot.

jeudi 12 février 2009

Depuis l Inde, sans accents.

Kerala, bateau a fond plat, feuille de curry mangee au pied du buisson.
Soir, diner dans le noir, bruit des vagues : coques cuisinees aux feuilles de curry.

vendredi 30 janvier 2009

un peu de musique



Au réfectoire du monastère, on mange en silence - 2004 - Bérengère de Tarlé.

jeudi 29 janvier 2009

Et la soupe !


Tampopo, Comment manger les ramen ?


Elodie Poidatz, Assiette

samedi 24 janvier 2009

de la meilleure façon de manger des spaghetti



Tampopo, Juzo Itami.

jeudi 22 janvier 2009

Meredith Monk et conversations


Meredith Monk

Meredith Monk - 2/8

Photo de Bohnchang Koo, serie "Vessels" et Laurence Brabant série "Bavarde"

mercredi 21 janvier 2009

Inuit Throat Singing: Kathy Keknek and Janet Aglukkaq

mardi 20 janvier 2009

Douce revanche...


magazine japonais et photo de Rinka Kawauchi 2001

dimanche 18 janvier 2009

la revanche des karine lebrun



Emballer, cacher, imaginer...




Emballages japonais.


Placard de rangement, Maarten De Ceulear, 2008.


Emballage anonyme.

dimanche 11 janvier 2009

conversation avec Anne Xiradakis du samedi 17 janvier au samedi 28 février

En guise de présentation Anne Xiradakis m'a donné des images et un texte :




Café éphémère 08, Tokyo, novembre 2007 -

Restaurant Alinéa, Chicago -

Recette Pierre Gagnaire d’après les recherches d’Hervé This



Carotte écorce d’orange
- 100 g. de carotte brute juste lavée (avec la peau)

- 1 orange non traitée

- 100 g. d’huile d’olive

- 1 pincée de sel

Peler l’orange à l’économe pour ne conserver que la peau ;
Mettre à sécher ces peaux jusqu’à ce qu’elles deviennent cassantes dans une étuve à 80° ;
Mixer à la cutter le plus fin possible les 100 g. de carottes, les 100 g. d’huile d’olive et la pincée de sel ; laisser infuser une nuit au frais. 
Peser 5 g. d’écorce d’orange dans un mortier et les réduire en poudre très fine ;
Ajouter les 50 g. d’huile de carotte petit à petit en continuant de travailler dans le mortier avec le pilon jusqu’à obtenir une pâte presque liquide.

Réglisse, noisettes torréfiées
- 20 g. de sucre

- 20 g.de noisette sans la peau

- 20 g. d’huile de noisette

- 3 pointes de couteau de réglisse en poudre environ 1 g.

Faire torréfier les noisettes dans un four à 150° ;
Mettre les noisettes, le sucre et la réglisse dans un mortier et réduire le tout en une poudre très fine ;
Ajouter goutte à goutte l’huile de noisette en continuant de travailler avec le pilon jusqu’à obtenir une pâte lisse homogène et souple.
Elles peuvent avoir comme support un toast de seigle, de brioche. 
La première idée accompagnerait des moules bouchot poêlées, 
La deuxième, des mirabelles compotées au sirop d’érable et cumin.

samedi 3 janvier 2009

celui-ci ?

ça

En toutes ces petites choses

simples et ordinaires qui font que c'est vivant.
En figures et monstres du moyen-âge, en Orlando pour une prochaine...
Et toi ?

V.,

En quoi aimerais-tu te métamorphoser ?

Pour sa capacité de métamorphoses.

Je me disais que ce personnage pourrait se transformer au fil des conversations.
Je l'ai trouvé drôle, j'ai pris du plaisir à le construire et j'en prends à le faire vivre. Par contre je l'aurais imaginé un peu plus bavard, plus loquace et spontané. Il prend peut-être trop de temps à se regarder se métamorphoser.